Reprise sous tension à l'usine Ford

BORDEAUX Ils n'avaient pas franchi le tourniquet depuis dix semaines...

Fabienne Cosnay

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L'usine Ford de Blanquefort, le 6 janvier 2009.
L'usine Ford de Blanquefort, le 6 janvier 2009. — C. BLUMBERG / 20 MINUTES

Lundi, les 1 600 salariés de Ford Aquitaine Industries ont repris le travail dans une ambiance tendue. Derrière les poignées de main et les voeux de bonne année, les visages restaient fermés. «J'ai toujours la peur au ventre, confie Sylvie, employée chez Ford depuis dix-huit ans. L'annonce dans la presse d'un repreneur m'a redonné de l'espoir, mais en même temps, tout cela est officieux. Tant que rien n'est signé, je reste méfiante.»

Selon le quotidien Sud-Ouest du 20 décembre, le repreneur - qui pourrait s'installer dans l'usine dès le mois de mars - serait le groupe allemand Johann Hay, spécialisé dans l'usinage de pièces automobiles et déjà implanté en Moselle. Une information que refuse de confirmer la direction de Ford, au nom d'une clause de confidentialité. «Nous sommes toujours en négociation exclusive avec un repreneur. Notre objectif reste d'aboutir à la conclusion d'un accord courant janvier», indique Stéphane Césaréo, directeur de la communication de Ford France.

Un silence de plus en plus mal vécu. «On a arrêté le 24 octobre dans le flou total et on reprend dans les mêmes conditions ! s'emporte Valérie, qui travaille chez Ford avec son mari depuis vingt ans. Pendant ces dix semaines, j'ai commencé à chercher du travail ailleurs. Je n'ai plus confiance en la direction. Et l'annonce d'un repreneur ne réglera pas tout. La question, c'est de savoir combien d'emplois seront sauvés.» «L'important, c'est d'assurer la pérennité du site», souligne Francis Wilsius, secrétaire du CE de Ford Aquitaine Industries. Un défi, alors que Ford annonçait hier une chute de 32,4% en décembre de ses ventes aux Etats-Unis.