La maternité de Pellegrin manque d'oxygène

Marion Guillot

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Dans les couloirs de la maternité de Pellegrin, « un sentiment d'insécurité » mine le personnel. Pour dénoncer ce climat, lié à un sous-effectif chronique, et réclamer des moyens supplémentaires, 90 % du service étaient en grève hier, selon les syndicats, 50 % selon la direction. Etablissement de niveau 3, habilité à recevoir les patientes à risques et bébés très prématurés de toute la région, la maternité, deuxième de France, réalise 4 500 accouchements par an.

« Près de la moitié de ces naissances sont à risques. Nous ne sommes pas une clinique, qui trie ses patients, et pour assurer la sécurité des mères et de leurs bébés, nous avons besoin de moyens plus importants », fait valoir Annie Carraretto, infirmière-anesthésiste et déléguée CGT. Or, le manque de remplaçants « entraîne des roulements qui n'ont plus rien à voir avec la réglementation du travail », dénonce un communiqué de l'intersyndicale CGT-CFDT-Unsa, qui appelait à la grève. « En cas d'absences, ce sont les collègues qui viennent sur leurs repos, car les remplaçants sont bloqués pour les congés maternité. Tous les matins, on vient travailler en se demandant si la journée va bien se passer », explique Annie Carraretto.

De leur côté, les mamans qui accouchent à Pellegrin se sentent parfois un peu seules : « Les puéricultrices et sages-femmes ne passent pas très souvent. Mon bébé a fait une baisse de température et on ne s'en est pas rendu compte tout de suite », témoigne l'une d'elles.

Une rencontre a eu lieu hier après-midi avec la direction des ressources humaines. Mais les grévistes restent sur leur faim : leur principale revendication, l'embauche de six sages-femmes et six puéricultrices, n'a pas été entendue. Selon la CGT, la direction aurait « promis un poste de brancardier à partir d'avril ou mai, pour les nuits ». Actuellement, les trajets nocturnes vers le bloc opératoire sont assurés par les aides-soignants. « Un poste devrait également être pérennisé à l'accueil, qui ne fermerait plus à 18 h, mais à la fin des visites, à 20 h 30-21 h », ajoute Annie Carraretto. Enfin, un poste précaire de secrétaire médicale devrait être transformé en CDI. Insatisfaits, les syndicats ont déposé un préavis de grève reconductible pour lundi prochain. D'ici là, une nouvelle rencontre avec la direction doit avoir lieu vendredi.