Bordeaux : La mairie va recruter des policiers municipaux supplémentaires

SECURITE Lors de sa conférence de presse de rentrée, le maire de Bordeaux Pierre Hurmic (EELV) a réagi aux agressions à l’arme blanche qui se multiplient ces derniers mois, en annonçant un renforcement des moyens sur le terrain

Elsa Provenzano

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Une patrouille de policiers municipaux dans la rue Sainte-Catherine.
Une patrouille de policiers municipaux dans la rue Sainte-Catherine. — S. ORTOLA / 20 MINUTES
  • Le maire de Bordeaux demande qu’une compagnie de CRS soit de retour, à demeure, dans la capitale girondine.
  • Un groupe local de traitement de la délinquance va permettre des actions ciblées sur le quartier Saint-Michel.
  • Il annonce aussi un plan de recrutement de policiers municipaux sur les années qui viennent pour renforcer leur présence dans les quartiers.

La tranquillité publique n’est pas la chasse gardée de la droite. Le nouveau maire de Bordeaux (EELV) a voulu le montrer d’entrée lors de sa conférence de rentrée qui s’est tenue ce jeudi. Pierre Hurmic se savait attendu sur le dossier sensible de la sécurité urbaine puisque depuis quelques mois les agressions à l’arme blanche se multiplient dans le centre-ville. Il a pris les devants en annonçant plusieurs mesures fortes. « Nos policiers municipaux sont les premiers sur terrain, ils font leur job mais ils ne feront pas tout et ils ne seront pas armés », a-t-il commencé, rappelant l’importance de la prévention et de l’accompagnement social, en amont de la répression.

Comme dans d’autres grandes villes, le maire souhaite le retour d’une compagnie de CRS à demeure dans la capitale girondine, qui représenterait un renfort de 70 policiers nationaux. C’est une demande qui a déjà été formulée par la sénatrice Nathalie Delattre et qu’appuie la nouvelle majorité. « C’est aussi le souhait de certains syndicats de policiers », a ajouté le maire de Bordeaux.

Un groupe local de traitement de la délinquance (dispositif judiciaire créé par le Ministère de Justice) qualifié de « bon outil » va être déployé sur Saint-Michel pour mener des actions ciblées.

« On a découvert un service exsangue »

D’ici le mois de décembre, la nouvelle majorité veut recruter trois à 5 policiers municipaux supplémentaires puis 10 d’ici un an et 20 d’ici deux ans. L’effectif actuel est de 140 policiers municipaux et il est bien insuffisant de l’avis d’Amine Smihi, adjoint au maire en charge de la tranquillité publique : « on a découvert un service exsangue qui ne permet pas de mettre un équipage dans chacun des huit quartiers de Bordeaux ». Une brigade canine et une brigade VTT vont être créées. La brigade équestre existante sera, elle, renforcée. Les agressions criminelles qui défraient la chronique en ce moment ne relèvent pas des prérogatives de la police municipale mais « on est à la disposition des partenaires pour que ces faits inacceptables cessent », a déclaré l’adjoint à la tranquillité publique.

Soucieux de replacer les choses dans leur contexte, l’adjoint a relevé qu’on ne découvrait pas ces situations de violence à Bordeaux, qui sont devenues plus visibles dernièrement en se rapprochant du centre et des quartiers touristiques. « Les premières alertes concernant les mineurs non accompagnés (MNA) et les risques encourus en cas de non-accompagnement social remontent à fin 2017 », a-t-il tenu à rappeler. Concernant ces mineurs non accompagnés​, Emmanuelle Ajon, adjointe au maire et chargée de la protection de l’enfance au Département, a souligné que 1.500 d’entre eux ont été confiés par la justice au Département et suivent un processus d’intégration. « Seule une minorité, de 60 à 100, sont livrés à eux-mêmes dans la rue, sans solution sociale », pointe Amine Smihi.

Si la gravité des faits n’est pas contestée par la majorité qui veut faire cesser ces violences, elle rappelle aussi qu’ils ne sont pas propres à Bordeaux, mais se retrouvent dans toutes les grandes villes.