Municipales 2020 à Bordeaux : Le juge des référés se déclare incompétent pour trancher dans l’affaire « Hurmic vs Florian »

JUSTICE Le candidat écologiste demandait à la justice d’interdire « en urgence » à Nicolas Florian toute communication entretenant la confusion entre sa qualité de maire et celle de candidat

M.P.
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Pierre Hurmic et son avocat, le lundi 22 juin 2020, au tribunal judiciaire de Bordeaux.
Pierre Hurmic et son avocat, le lundi 22 juin 2020, au tribunal judiciaire de Bordeaux. — Marion Pignot
  • Pierre Hurmic a assigné Nicolas Florian en justice pour « sollicitation de procurations » dans des courriels adressés en tant que maire aux habitants de Bordeaux.
  • Une procédure en référé a été déposée ce week-end par le candidat écolo qui demande à son rival de cesser « toute communication entretenant la confusion entre sa qualité de maire et celle de candidat ».
  • Le juge des référés a examiné la requête, ce lundi après midi, et annoncé ce mardi qu’il se déclarait incompétent pour trancher dans cette affaire qui aura mis un peu de sel dans la campagne des municipales.

Beaucoup de bruit pour rien. Alors qu’à Bordeaux, le monde politique était suspendu à la décision du juge des référés dans l’affaire « Hurmic vs Florian », ce dernier a considéré, ce mardi, que c’était au tribunal administratif et non judiciaire de trancher. Le juge des référés s’est déclaré incompétent pour définir si Nicolas Florian entretenait la confusion entre sa qualité de maire et celle de candidat pour servir sa campagne électorale.

Le candidat écologiste, Pierre Hurmic, avait assigné au tribunal son rival, le maire sortant (LR) Nicolas Florian à qui il reproche de solliciter des procurations d’électeurs dans des courriels adressés aux habitants ces dernières semaines. Via cette procédure, la tête de liste d’Europe-Ecologie-Les-Verts demandait donc à la justice d’interdire « sans délai » à Nicolas Florian « toute communication entretenant la confusion entre sa qualité de maire et celle de candidat ».

« Le résultat d’aujourd’hui nous incite à poursuivre sur cette voie »

L’audience s’est tenue ce lundi, à 16 heures, et la décision était attendue ce mardi. Le suspense aura été de courte durée puisqu’en début d’après-midi le juge des référés a fait savoir aux deux parties qu’il ne s’estimait pas compétent et que le contentieux électoral relevait de la justice administrative. « Les juridictions judiciaires restent compétentes pour prévenir un dommage imminent ou faire cesser un trouble manifestement illicite né d’une atteinte à des droits privés, ne portant pas sur des documents électoraux », souligne l’ordonnance de référé du tribunal judiciaire de Bordeaux rendue ce mardi.

« Le juge judiciaire nous invite à saisir le juge administratif et ne nous déboute pas de notre demande, comme le demandait Nicolas Florian, a réagi le camp Hurmic. En décidant d’engager cette procédure, nous cherchions à dénoncer les agissements du maire sortant, que nous qualifions de peu éthiques. Nous voulions aussi lui signifier clairement notre vigilance juridique sur ses méthodes de communication. Le résultat d’aujourd’hui nous incite à poursuivre sur cette voie. »​

« En s’offrant une tribune médiatique par tribunal interposé, Pierre Hurmic a essayé d’instiller le doute sur la probité de Nicolas Florian en l’accusant de fraude électorale, a fait savoir l’équipe du candidat LR. La décision du juge des référés, qui n’a pas exigé l’arrêt immédiat des communications concernées, est un sévère désaveu pour Pierre Hurmic et valide donc l’absence de fraude. » Le camp Florian a également dénoncé une « entreprise de dénigrement » de la part d’un Pierre Hurmic, qui s’est vu ici « offrir une leçon de droit ».

« On a tenté de me salir mais la justice a rétabli la vérité. Maintenant, j’appelle les Bordelaises et les Bordelais à me donner de la force et à me faire confiance pour l’avenir », a, pour sa part, déclaré Nicolas Florian, qui se réserve le droit de déposer plainte pour diffamation si les accusations de « fraude électorale » se poursuivaient. En attendant, jusqu’à ce 28 juin, date du second tour des municipales, le candidat LR peut à collecter ses procurations via les courriels envoyés aux adresses numériques « obtenues de manière illicites », selon Pierre Hurmic.