A Bordeaux, les syndicats se font damer le pion

MANIF Hier, à dix heures du matin, ils n'étaient encore qu'une cinquantaine réunis place de la Victoire. «Vous allez voir, ça arrive de partout», exulte Pierre, en seconde au lycée des Menuts à Bordeaux... Une heure plus tard, ils étaient près de 1 200...

Fabienne Cosnay - ©2008 20 minutes

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Hier, à dix heures du matin, ils n'étaient encore qu'une cinquantaine réunis place de la Victoire. «Vous allez voir, ça arrive de partout», exulte Pierre, en seconde au lycée des Menuts à Bordeaux. Une heure plus tard, ils étaient près de 1 200 à crier «non à la réforme Darcos» dans le centre-ville de Bordeaux. Une manifestation spontanée, organisée sans les syndicats lycéens. Un nouveau mode de ralliement basé sur des échanges SMS et un appel lancé la veille sur Facebook.

Avant de se réunir pour un parcours improvisé de la ville, les lycéens avaient bloqué leur établissement, dès huit heures du matin. Hier, en fin de matinée, onze lycées étaient fermés dans l'académie de Bordeaux, selon le rectorat. Des dégradations ont été commises dans l'établissement Elie-Faure, à Lormont. Au lycée François-Mauriac, à Bordeaux, un policier, qui tentait de protéger un surveillant, s'est pris un coup de poing par un lycéen. Des violences envers le personnel scolaire ont également été rapportées au lycée François-Magendie à Bordeaux. Hier soir, cinq jeunes étaient toujours en garde à vue sur les onze interpellés le matin. La Fédération indépendante et démocrate lycéenne (Fidl) a condamné ces débordements.

La manifestation, elle, s'est déroulée sans heurts. «Non à un bac light, non au bac professionnel en trois ans, non aux suppressions de poste» pouvait-on lire sur les petits cartons. Des revendications qui restent assez floues quand on interroge les lycéens. « Franchement, y en a qui ne savent même pas pourquoi ils manifestent!», s'emporte Célia. La jeune fille veut rentrer en prépa HEC et s'inquiète de passer un «bac au rabais».