La prison de Gradignan prise dans la spirale des suicides

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C'est le troisième suicide à la maison d'arrêt de Gradignan depuis le début de l'année, selon UFAP-UNSA, le premier syndicat des surveillants de prison. Samedi, vers 16 h, un détenu de 24 ans s'est pendu avec un drap alors qu'il était seul dans sa cellule. Un surveillant a découvert le corps inanimé lors de la réintégration de ses deux codétenus, partis prendre une douche. Incarcéré depuis quinze jours pour des violences, le jeune homme, en situation irrégulière, « ne faisait pas parler de lui. Rien dans son comportement ne laissait prévoir un tel acte », indique un surveillant de la maison d'arrêt. Une enquête a été ouverte par le commissariat de Bordeaux pour déterminer les circonstances exactes du drame. « Une note ministérielle nous interdit tout commentaire », précise-t-on à la direction de la maison d'arrêt de Gradignan. Selon le syndicat UFAP-UNSA, « le personnel pénitentiaire n'a rien à se reprocher ». « On fait ce qu'on peut pour faire correctement notre boulot », confie un surveillant, « mais, avec la surpopulation carcérale, les drames sont inévitables ». Le bâtiment où se trouvait le détenu accueille aujourd'hui 517 personnes pour une capacité théorique de 252 places. Soit un taux de remplissage de 210 %. Au cinquième étage, là où se trouvait la cellule du jeune homme, un seul gardien de prison a en charge la surveillance de 90 détenus.

Fabienne Cosnay