Les abattoirs sacrifient au rituel

Marion Guillot - ©2008 20 minutes

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C'était jour de fête, hier, dans la communauté musulmane. A l'occasion de l'Aïd-el-Kébir, qui commémore le sacrifice d'Abraham et marque la fin du pèlerinage à la Mecque, de nombreuses familles girondines se sont rendues aux abattoirs de Bordeaux. Les moutons et bovins qu'elles avaient achetés ce week-end ont été abattus hier matin, selon le rituel traditionnel et dans les normes d'hygiène réglementaires.

L'établissement des quais de Paludate accompagne cette pratique depuis 1993. Cette année, une trentaine de bovins et cinq cent dix moutons ont été abattus, en présence de quatre sacrificateurs agréés. C'est un peu moins que l'an passé, entre autres, à cause de la hausse des prix : « Toutes les familles n'ont pas pu mettre 200 euros dans un mouton », observe le directeur des abattoirs, Daniel Gallou. Pour l'Aïd, les animaux sont saignés directement, sans étourdissement préalable. « Ils doivent mourir exsangues », précise-t-il. Mais quelle que soit la méthode, « les qualités sanitaires de la viande sont identiques », note Pierre Parriaud, directeur départemental des services vétérinaires.

Si le président du conseil régional du culte musulman, Mahmoud El Bakhour, apprécie de pouvoir disposer d'une telle structure, ce partenariat est en sursis. La CUB, propriétaire des abattoirs, a programmé leur fermeture pour fin 2011 au plus tard. Le projet Euratlantique prévoit en effet une restructuration complète du quartier de la gare. « Si Bordeaux ferme, l'abattoir le plus proche sera Bergerac, à 150 km. Cela risque d'encourager l'abattage clandestin », craint Mahmoud El Bakhour. Selon la CUB, « une étude est en cours pour tenter de trouver une solution de remplacement ».