VIDEO. Bordeaux : « Epoustouflant », « magique »… En immersion dans les « Bassins de Lumières » à la base sous-marine

CULTURE Ce projet « pharaonique » de centre d’art numérique, ouvre au sein de la base sous-marine le 10 juin

Mickaël Bosredon

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Une des deux grandes expositions d'ouverture des Bassins de Lumières, sera consacrée au peintre Gustav Klimt
Une des deux grandes expositions d'ouverture des Bassins de Lumières, sera consacrée au peintre Gustav Klimt — Culturespaces/Anaka Photographie
  • Deux grandes expositions consacrées aux peintres Gustav Klimt et Paul Klee sont au programme pour l’ouverture.
  • L’art numérique, un procédé très complexe pour animer des œuvres d’art, permet de toucher un public plus jeune assure l’exploitant du site Culturespaces.
  • L’opérateur vise 350.000 à 400.000 visiteurs par an pour ce site, qui promet de devenir un lieu culturel emblématique de la région.

Coupé en plein élan par la crise du coronavirus, le projet Bassins de Lumières qui devait ouvrir en avril dernier dans l’enceinte de la base sous-marine de Bordeaux, sera finalement inauguré le 10 juin prochain. 20 Minutes s’est rendu ce jeudi à la projection des deux grandes expositions numériques, consacrées aux peintres Gustav Klimt et Paul Klee qui seront diffusées pour cette ouverture. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce projet « pharaonique. »

Qu’est-ce que l’art numérique ?

« On parle d'art numérique, car nous utilisons des œuvres que l’on a numérisées, et qu’on utilise des process digitaux pour les animer, les mettre en musique et en espace », explique Augustin de Cointet, directeur des Bassins de Lumières pour l’entreprise Culturespaces.

Quelque 98 vidéoprojecteurs répartis sur l'ensemble de la base sous-marine projettent les oeuvres d'art durant l'exposition.
Quelque 98 vidéoprojecteurs répartis sur l'ensemble de la base sous-marine projettent les oeuvres d'art durant l'exposition. - Mickaël Bosredon/20 Minutes

« Ce n’est pas que de l’animation sur une toile, on ne fait pas juste bouger des personnages, il y a un scénographe qui a travaillé sur ce projet, insiste le directeur. Il faut à peu près un an pour fabriquer une exposition comme celle-là, et sur le site nous avons installé 98 vidéoprojecteurs, une cinquantaine d’enceintes, le tout relié par 120 km de fibre optique et 25 médiaserveurs qui coordonnent l’image, ce qui fait qu’à l’œil nu on ne peut pas savoir où s’arrête une image ni où commence la suivante. C’est toute la magie de la chose, et c’est ce qui donne ce principe d’immersion. On est sur quelque chose de très sensoriel. »

Comment se présentent les deux expositions sur Gustav Klimt et Paul Klee ?

Pour l’ouverture des Bassins de Lumières, la société Culturespaces a choisi de diffuser deux grandes expositions : Gustav Klimt, d’or et de couleurs, et Paul Klee, peindre la musique. « Ces deux expositions mêlent l’histoire de l’art à la musique, le but étant de faire découvrir au plus grand nombre une approche de l’histoire de l’art un peu différente grâce aux moyens numériques », explique Augustin de Cointet.

L’exposition sur Klimt nous emmène sur quasiment 100 ans de peinture viennoise, et propose un regard original sur Klimt à travers la mise en scène de ses portraits, paysages et nus. Les parois des bassins de lumière se parent ainsi des couleurs et dorures qui ont révolutionné la peinture viennoise dès la fin du XIXe siècle. « Klimt avait cette capacité de jouer sur de la matière en rajoutant de l’or, des émaux dans ses compositions, qui vont très bien avec les murs granuleux de la base sous-marine. On a matière contre matière et cela fonctionne très bien » analyse Augustin de Cointet.

La deuxième exposition, Paul Klee, peindre la musique, est particulièrement musicale. « Klee avait un amour fou pour Mozart, et nous avons voulu reprendre ce dialogue entre Mozart et Klee, c’est pourquoi l’exposition est accompagnée de manière très dynamique par La Flûte enchantée. »

La deuxième grande exposition des Bassins de Lumières à la base sous-marine de Bordeaux, est consacrée au peintre Paul Klee.
La deuxième grande exposition des Bassins de Lumières à la base sous-marine de Bordeaux, est consacrée au peintre Paul Klee. - Mickaël Bosredon/20 Minutes

Deux autres expositions d’art contemporain complètent ce programme, installées dans un endroit spécifique, Le Cube.

Qui est Culturespaces ?

Cet opérateur du monde de l’art, qui va donc exploiter une partie de la base sous-marine à travers une délégation de service public (DSP) passée avec la mairie, existe depuis une trentaine d’années. « Au départ, notre mission était de conseiller les musées et monuments historiques pour valoriser les parcours de visites, explique Augustin de Cointet. Puis nous sommes rapidement devenus opérateur culturel, pour gérer des sites et des monuments, comme le musée Jacquemart-André à Paris, le château des Baux-de-Provence, les arènes de Nîmes… Nous avons alors constaté qu’il existe un public qui ne va pas voir les expositions classiques, un public plus jeune, et qu’il fallait attirer. »

C’est ainsi qu’à partir de 2012, « nous avons ouvert les Carrières de Lumières aux Baux-de-Provence, qui sont des carrières de pierre dans lesquelles nous projetons des expositions numériques. Cela a eu un très gros succès, et nous avons souhaité faire cela à Paris, où nous avons ouvert l'Atelier des Lumières en 2018, qui a aussi rencontré un énorme succès, puis nous nous sommes tournés vers Bordeaux. Ce qui nous a attirés ici, c’est principalement le lieu qui est extraordinaire. »

A quand remonte le projet des Bassins de Lumières ?

La réflexion a démarré en 2014, rappelle Fabien Robert, adjoint au maire en charge de la culture. « Non pas que la base était abandonnée, puisqu’elle accueille entre 100.000 et 130.000 visiteurs par an avec des expositions autour de l’image et de l’art numérique, mais elle manquait de souffle, et nous avons souhaité l’exploiter différemment. Nous avons lancé un appel à projets pour avoir un lieu dédié à la projection numérique, à l’image animée. Le résultat est époustouflant, magique. Je suis convaincu que ça va devenir un des lieux culturels emblématiques de notre ville et même de notre région. »

« Nous avons vraiment commencé le projet en septembre 2018, mais les travaux n’ont démarré qu’en juin 2019, ajoute Augustin de Cointet. Même s’il s’agit d’une machinerie énorme et d’un projet pharaonique, nous avons essayé de préserver l’identité de la base sous-marine [construite par les Allemands au début de la Seconde Guerre mondiale pour assurer les réparations et l’entretien de sous-marins] et de faire le minimum de modifications. »

Quels sont les objectifs de fréquentation du site ?

« On s’est fixé un objectif de fréquentation autour de 350.000-400.000 visiteurs par an, annonce Augustin de Cointet. Cette année sera un peu particulière, puisque nous allons ouvrir plus tard, et que notre jauge de 865 personnes est ramenée à 385 personnes, le temps de la crise sanitaire. On a rouvert les réservations le 25 mai dernier, et les ventes repartent bien, avec 3.500 billets vendus depuis le début de la semaine. »

Bassins de Lumières, ouverture le 10 juin. Plein tarif : 13,50 €, tarif réduit : 11 €, tarif jeunes : 9 €.