Coronavirus à Saint-Maixent : Que sait-on des « clusters » identifiés à l'école militaire et au groupe hospitalier ?

EPIDEMIE Un foyer de contamination au Covid-19 a été identifié à l'Ecole nationale des sous-officiers d'active de Saint-Maixent-L'Ecole

M.P.

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Une campagne massive de dépistage mené à l'école militaire de Saint-Maixent-L'Ecole qui a permis d'identifier 30 cas positifs au Covid-19.
Une campagne massive de dépistage mené à l'école militaire de Saint-Maixent-L'Ecole qui a permis d'identifier 30 cas positifs au Covid-19. — FRED SCHEIBER/SIPA
  • Le 18 mai de trois cas de Covid-19 étaient identifiés à l'Ecole nationale des sous-officiers d'active (ENSOA), de Saint-Maixent-L'Ecole. Tous sont des cadres de l'école.
  • La campagne massive de dépistage qui a depuis été menée sur le site de l'école militaire a permis d'identifier 30 cas positifs. Dans le même temps, un autre cas a été identifié au groupe hospitalier.
  • A ce stade, l’enquête épidémiologique n’a pas permis d’établir de lien entre les deux « clusters ».

Trente personnes positives au Covid-19 à l'école militaire de Saint-Maixent-L'école, une autre au Groupe hospitalier de la petite ville de 6.500 habitants. Depuis deux semaines, Saint-Maixent (Deux-Sèvres) vit au rythme des dépistages massifs, soit la plus grande opération du genre organisée en Nouvelle-Aquitaine depuis le début de l’épidémie de Covid-19. Comment ces foyers de contamination sont-ils apparus et comment ont-ils été maîtrisés ? 20 Minutes fait le point alors que l’Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine rappelle que « le virus circule toujours ».

Comment ces deux foyers de contamination ont-ils été décelés ?

Le 18 mai, trois cas de Covid-19, des cas tous asymptomatiques, sont identifiés à l’Ecole nationale des sous-officiers d’active (Ensoa) de Saint-Maixent. Il s’agit de trois cadres de l’école et le premier cas décelé a été en contact avec un membre malade de son foyer. « Le dépistage préventif et rapide de 44 personnes contacts identifiées par cercles concentriques révèle le 22 mai deux autres cas positifs chez des instructeurs ce qui nous laisse soupçonner un nouveau foyer de contamination », détaille à 20 Minutes Laurent Flament, directeur de la délégation ARS des Deux-Sèvres. En parallèle, un soignant du centre hospitalier du Haut-Val-de-Sèvre et du Mellois est testé positif au Covid-19. Il présentait des symptômes.

Comment les autorités sanitaires ont-elles maîtrisé ces « clusters » ?

ARS et préfecture décident de lancer un dépistage général de l’ensemble des 1.800 « civils, élèves et personnel militaire » dans le gymnase de l’école de commandement de l’armée de Terre. Plus de 250 tests (prélèvement naso-pharyngé) sont réalisés chaque demi-journée, durant une semaine. Au final, le dépistage concernera 1.913 personnes. Le vendredi 27 mai, le bilan des analyses effectuées par le laboratoire du CHU de Poitiers tombe : 30 cas positifs, « tous asymptomatiques », répartis à peu près en égale proportion entre personnel et élèves.

Chaque cas « a conduit à un isolement des personnes atteintes du Covid-19 avec arrêt de travail à leur domicile et à la recherche systématique des cas proches à risque [personnes contacts] », résume Laurent Flament. Au groupe hospitalier, 250 tests sont réalisés chez les personnels et 80 chez les patients des unités de soins de suite et de médecine où le soignant testé positif évoluait.

Les foyers de contamination sont-ils circonscrits ?

Les résultats du dépistage à large échelle confirment que « le foyer est circonscrit et que le protocole de contrôle de l‘épidémie (tests rapides, recherches des cas contacts et isolement) a permis une fois de plus de casser la chaîne de contamination », assure Laurent Flament, à 20 Minutes. Dès ce mercredi, les tests à « J + 7 » ont commencé et d’ici la fin de la semaine il devrait être possible de savoir si l’Ensoa est tirée d’affaire. L’école militaire avait déjà réduit à 50 % son activité pendant la période de confinement, renvoyant nombre d’élèves chez eux. Post-11 mai, elle a repris « une activité adaptée » au contexte et aux préconisations, à environ de 75 % de sa capacité, que « rien ne remet en cause aujourd’hui », selon l’armée de terre.

Côté groupe hospitalier, tout serait également rentré dans l’ordre, selon l’ARS qui garde toutefois un œil sur l’établissement, déjà « foyer de cas Covid-19 il y a un mois ». A ce stade, l’enquête épidémiologique n’a pas permis d’établir de lien entre les deux « clusters », même si beaucoup de conjoints de personnels de l’hôpital travaillent à l’école militaire. Selon nos confrères de La Nouvelle République, un parent d’élève de l’école de Bignoux (Vienne), militaire à l’Ensoa, a été testé positif au Covid-19. L’école est fermée depuis ce jeudi.