« Préserver l'environnement des sites »

Recueilli par Fabienne Cosnay - ©2008 20 minutes

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En collaboration avec Jean Nouvel, les architectes Mia Hägg et Sandrine Forais, de l'agence Habiter autrement, ont été choisies par Foncière logement pour réaliser 130 habitations sur cinq sites de l'agglomération bordelaise : Bordeaux Saint-Jean, Bordeaux-Armagnac, Cenon, Lormont et Floirac. Les constructions débuteront à la fin 2009. Interview croisée des deux architectes, de passage à Bordeaux.

Comment avez-vous travaillé sur ce projet ?

Mia Hägg : Les cinq projets se trouvent dans des quartiers en pleine mutation. On a commencé par une visite des sites. Avec un objectif : préserver leur environnement, valoriser leurs atouts naturels. L'idée de départ était de créer une architecture et un paysage spécifiques pour chaque lieu. Personnellement, je suis opposée aux grandes opérations d'urbanisme. Pour changer une ville, pour la rendre plus variée et plus riche, il faut procéder par petites touches avec des opérations de vingt ou trente logements maximum.

Sandrine Forais : Prenons l'exemple de Lormont. Sur ce lieu, le paysage était déjà présent, avec le pont d'Aquitaine et la vue sur la Garonne. On avait plus qu'à le mettre en valeur. C'est pourquoi on a imaginé des appartements en duplex, avec de larges fenêtres donnant sur le fleuve.

Chaque projet est associé à un thème environnemental...

M. H. : C'est exact. A Floirac, le projet de départ était de faire une tour. Très vite, on s'est rendu compte que ça ne collait pas à l'environnement du site, qui comprend un étang. Il y aura finalement quinze maisons en bois et des jardins potagers à disposition des locataires.

S. F. : L'opération de Cenon a été la plus difficile car le tissu urbain est très hétérogène. En visite sur le site, on a remarqué qu'il y avait beaucoup de pins. D'où l'idée de créer une pinède qui sera accessible à tous les habitants.

Justement, à qui sont destinés ces logements ?

M. H. : L'objectif est d'attirer des gens plutôt aisés, qui habitent aujourd'hui en centre-ville, dans des quartiers en mutation. C'est comme cela qu'on crée de la mixité sociale. Pour les faire venir, il faut leur offrir plus d'espace et plus de paysage.