VIDEO. Déconfinement à Bordeaux : Rue Sainte-Catherine, « ça fait du bien de voir des gens, retrouver une vie sociale »

REPORTAGE « 20Minutes » s’est rendu ce lundi rue Sainte-Catherine, la grande artère commerçante bordelaise, pour la réouverture de la plupart des commerces après deux mois de confinement

Mickaël Bosredon

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Rue Sainte-Catherine à Bordeaux, le 11 mai 2020
Rue Sainte-Catherine à Bordeaux, le 11 mai 2020 — Mickaël Bosredon/20 Minutes¨
  • La rue a été réaménagée pour faire respecter les distanciations sociales.
  • Le port du masque y est désormais obligatoire.
  • Dans les boutiques, le nombre de clients est limité.

Gel hydroalcoolique, masque, et distanciation sociale. Ce sera désormais le triptyque à garder en tête avant de se rendre rue Sainte-Catherine, la grande artère commerçante bordelaise, où le port du masque a été rendu obligatoire par la municipalité.

Et, un peu à la surprise générale, une très grande majorité de personnes s’était pliée à cette recommandation ce lundi matin, au premier jour du déconfinement. Ce qui fait penser au maire de Bordeaux Nicolas Florian qu’il n’y a « pas trop de souci à se faire » et qu’on ne devrait pas en venir à un système punitif. Des « signaleurs » [des agents de sécurité], parfois avec le concours de la police municipale, sont postés le long de l’artère pour rappeler de bien porter un masque.

Livraison de tous les masques aux Bordelais d’ici à mercredi

« On fera de la pédagogie et du rappel à l’ordre pendant deux-trois jours » indique Nicolas Florian. Le temps que tous les masques promis par la métropole, soient bien distribués. « Neuf communes de la métropole ont fait le choix d’un envoi de ces masques par La Poste, les autres ont fait du portage ou du retrait. A l’heure où on se parle, 90 % des masques ont été distribués et les derniers devraient être reçus d’ici à mercredi » assure le maire de Bordeaux.

Un réaménagement de l’espace a aussi été opéré. Les côtés de l’artère commerçante sont désormais réservés aux zones d’attente et on ne peut plus déambuler que sur la partie centrale de la rue. Un marquage au sol différencie les zones. Quelques minutes avant l’ouverture des premières boutiques, quelques files d’attente se sont formées devant les grandes enseignes, et chacun respectait bien le mètre de séparation recommandé par les autorités.

« Depuis deux mois on avait l’impression que tout était mort »

Elève infirmière, Emma, 21 ans, a commencé par deux grandes enseignes de vêtement ce lundi matin. « Je travaille dans un Ehpad à Pessac, et le lundi est mon seul jour de congé, explique la jeune femme, alors j’ai décidé de venir faire les boutiques ce matin. Franchement, cela fait vraiment du bien parce que depuis deux mois on avait l’impression que tout était mort. Ça fait du bien de voir des gens, retrouver une vie sociale, même si je pensais qu’il y aurait beaucoup plus de monde que ça. Et je suis rassurée de voir des agents rappeler que le port du masque est obligatoire rue Sainte-Catherine. Dans les boutiques, ça se passe plutôt bien, même si pour les vêtements on n’a plus le droit d’utiliser les cabines d’essayage, et que c’est compliqué de respecter les distances. Mais quasiment tout le monde porte un masque donc ça va. »

Le 11 mai 2020, rue Sainte-Catherine à Bordeaux, jour du déconfinement.
Le 11 mai 2020, rue Sainte-Catherine à Bordeaux, jour du déconfinement. - Mickaël Bosredon/20Minutes

Ce couple de jeunes Parisiens originaires de Bordeaux, qui a passé leur confinement dans la capitale girondine, est juste sorti se promener ce lundi matin. « On n’a pas l’intention de consommer plus que nécessaire, disent-ils, mais on voulait juste sortir, voir un peu de gens, et le port du masque rue Sainte-Catherine est plutôt une bonne chose. »

« Le client ne touche à rien, c’est nous qui faisons les manipulations »

Les commerçants, eux, se sont adaptés aux nouvelles contraintes. Dans les bijouteries, on rappelle que l’on ne doit toucher à rien. Et la plupart des commerçants proposent du gel hydroalcoolique à l’entrée de leurs boutiques. Certains imposent le masque, et le nombre de clients est généralement limité, en fonction de la surface de l’enseigne.

Chez Case For You (accessoires pour smartphones), « vu notre surface, il n’y aura que deux clients maximum en même temps, nous explique le vendeur, Kylian. Ensuite, nous avons installé une petite table pour que le client pose son téléphone dessus, et nous le nettoyons avec des lingettes avant de faire essayer le produit. Le client ne touche absolument à rien, c’est nous qui faisons toutes les manipulations. Et le masque est obligatoire pour tout le monde dans la boutique. »

« Aujourd’hui ne sera peut-être pas la journée la plus marquante en termes de fréquentation, analyse le maire Nicolas Florian, mais ce sera une bonne répétition, avant la journée de samedi qui sera le vrai test. »