Le VIH dépisté en trente minutes

Marion Guillot - ©2008 20 minutes

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Moins médicalisé et plus rapide. Un nouveau protocole de dépistage du sida, réservé au public homosexuel masculin, va être expérimenté dans quatre villes de France, dont Bordeaux. Déjà testé à Montpellier depuis début novembre, ce test sera mis en place à Lille en février, dans la capitale girondine en avril, puis enfin à Paris en juin. A l'initiative de l'Agence nationale de recherche contre le sida, cette expérimentation sera menée par l'association Aides. Ses bénévoles recevront une formation spécifique.

L'opération est simple : « La personne se pique elle-même le doigt avec une aiguille, située au fond d'un boîtier. La goutte de sang est ensuite mélangée à une solution. En cas de séropositivité, une barre apparaît trente minutes plus tard, un peu comme pour un test de grossesse », explique Caroline Desclaux, membre d'Aides Gironde. Avec la prise de sang « traditionnelle », il faut trois jours pour être fixé. Pas besoin non plus de médecins, ni d'entretien : les bénévoles d'Aides se chargent de l'accueil, de l'écoute et du conseil. Une démarche adaptée au public homo, qui a tendance à déserter les établissements de dépistage classiques. « Dans ces centres, il leur est difficile d'éviter les jugements sur leur mode de vie », rapporte Caroline Desclaux. Si le nouveau test permet une réponse plus rapide, elle n'est fiable que si le rapport sexuel à risque remonte à au moins trois mois. Selon Aides, la méthode a déjà fait ses preuves en Espagne et aux Pays-Bas. En France, il était temps de réagir : l'épidémie est en recrudescence au sein de la communauté gay, qui représente 38 % des nouveaux cas de séropositivité diagnostiqués à la fin 2007, contre 26 % en 2003.