VIDEO. Coronavirus à Bordeaux : Comment Keolis désinfecte-t-il son réseau de bus et tramways ?

COVID-19 « 20 Minutes » s’est penché sur la question de la désinfection des réseaux de transports, avec Keolis Bordeaux

Propos recueillis par Mickaël Bosredon

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Coronavirus à Bordeaux : Comment Keolis désinfecte-t-il ses bus et tramways ? — 20 Minutes
  • Les bus et tramways de l’agglomération de Bordeaux sont désinfectés trois fois par jour.
  • Un produit virucide est projeté chaque nuit dans les véhicules, par nébulisation.
  • Ces opérations devraient être renforcées à partir du 11 mai, date à laquelle l’opérateur espère faire rouler entre 60 % et 80 % de son parc.

Alors que la question des conditions d'utilisation des transports en commun, se pose avec insistance, 20 Minutes a voulu savoir comment Keolis désinfectait son réseau sur Bordeaux Métropole. Directeur de la maintenance patrimoniale, Antoine Lequeux a répondu à nos questions.

Désinfection d'une rame de tramway sur le réseau TBM de Bordeaux Métropole
Désinfection d'une rame de tramway sur le réseau TBM de Bordeaux Métropole - Kéolis Bordeaux

Quelles sont les mesures que vous avez mises en place pour désinfecter le réseau de transport ?

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, nous avons renforcé les opérations de nettoyage et de désinfection sur les bus, les trams et les stations du réseau TBM. Pour cela, nous sommes cadrés par l’arrêté du 14 mars 2020 qui nous impose d’engager la désinfection de chaque véhicule au moins une fois par jour. Compte tenu de l’importance du réseau, sur Bordeaux nous allons plus loin. Pour les bus, lors de chaque relève des conducteurs une à deux fois par jour, le pupitre de conduite – volant, boutons – est désinfecté avec un produit virucide, qui répond à une norme utilisée dans les hôpitaux. Ensuite, il y a une désinfection en journée sur les parties au contact direct avec la clientèle : barres de maintien, valideurs… Nous réalisons la même opération la nuit, que nous complétons avec une opération de nébulisation d’un autre produit virucide : on crée un brouillard à l’intérieur de l’habitacle de façon à atteindre toutes les parties, y compris les parties délicates à désinfecter avec une lingette, comme les sièges en tissu. Dans le tram, c’est le même principe. En tout, bus et tramways sont ainsi désinfectés trois fois par jour. Nous faisons partie des réseaux en pointe sur la désinfection.

Et sur les stations de tram ?

Nous effectuons une opération de désinfection avec un produit virucide une fois par jour, sur les écrans de distributeurs de titres, le pavé numérique de la carte bleue et sur le bol dans lequel on récupère le titre de transport, sur la carte du réseau TBM et sur les bancs.

De quelle manière avez-vous adopté ce procédé ?

On a comparé avec des filiales du groupe, puisque Keolis est présent partout dans le monde y compris en Chine, et nous nous sommes rapprochés de l’ARS (Agence régionale de santé) à laquelle nous avons soumis cette méthode et les produits que l’on souhaitait utiliser. Nous nous sommes entourés d’experts pour choisir les meilleurs produits, choisir la meilleure technique adaptée à nos véhicules, c’est pour cela que l’on a choisi la nébulisation, qui est de plus en plus adoptée. Le fait de générer un brouillard à l’intérieur du véhicule permet de vraiment traiter l’ensemble du véhicule.

Vous soulignez l’importance du réseau de Bordeaux Métropole, mais actuellement tout le matériel ne sort pas, loin de là ?

D’ordinaire nous disposons d’un parc de 400 bus et 130 rames, pour transporter 500.000 voyageurs par jour, mais actuellement l’offre n’est que de 30 % par rapport à la normale. Cette offre va repartir à la hausse à partir du 11 mai : on vise entre 60 % et 80 %, et il va falloir rassurer nos clients, c’est pour cela que c’est important de mettre des moyens conséquents sur la désinfection.

Est-il envisagé d’aller encore plus loin sur ces méthodes de désinfection, avec le retour d’une plus grande clientèle ?

Nous envisageons de compléter la désinfection avec des opérations en circulation : pendant l’exploitation, nous assurerons un complément de désinfection à l’intérieur des véhicules. Cela devrait être opérationnel dès le 11 mai. Par ailleurs, le fait d’utiliser plus de matériel, va nécessiter de réouvrir progressivement d’autres dépôts, alors que nous fonctionnons aujourd’hui avec seulement un dépôt bus, et un dépôt tram. Dès le 25 mai, nous visons l’utilisation complète de tous nos dépôts. Nous sommes donc en train de former du personnel pour appliquer les mêmes procédures, mais sur un volume de véhicules plus important.

La concurrence n’est-elle pas trop rude d’ailleurs pour trouver ce matériel de désinfection ?

Il est certain que nous ne sommes pas les seuls à vouloir nous équiper en matériel, en produits, et il y a une pénurie sur le marché des produits virucides et des lingettes désinfectantes. Mais nous avons très rapidement passé des commandes sur des volumes importants et nous avons une visibilité de plusieurs semaines voire plusieurs mois sur certains produits. Actuellement nous consommons 2.000 litres de produits virucides par mois.

Les usagers vont-ils devoir changer certains réflexes qu’ils pouvaient avoir, comme celle de toucher telle ou telle partie du tram ?

Le comportement à l’intérieur et aux abords des transports publics va nécessairement évoluer. Aujourd’hui, on n’en est pas encore à définir exactement les conditions d’accès, mais chacun devra modifier ses habitudes. On devra utiliser les transports en commun différemment de ce que l’on faisait jusqu’ici.