Coronavirus en Nouvelle-Aquitaine : De Barsac à Compostelle, un ancien maire combat l'AVC sur son vélo d'appartement

PREVENTION Victime d'un AVC il y a plus de six ans, Philippe Meynard assure qu'hypertension, diabète et cholestérol riment avec confinement

Marion Pignot

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Philippe Meynard, président de l'association AVC Tous concernés, encourage tous les confinés à faire un peu de sport tous les jours pour éviter l'hypertension et ses complications.
Philippe Meynard, président de l'association AVC Tous concernés, encourage tous les confinés à faire un peu de sport tous les jours pour éviter l'hypertension et ses complications. — Philippe Meynard
  • En Nouvelle-Aquitaine, les maladies cardio-neuro-vasculaires sont la première cause de mortalité, avec 18.000 AVC et 2.000 décès recensés chaque année.
  • Alors que les Sociétés françaises neurovasculaire et de cardiologie alertent sur une inquiétante baisse des consultations, Philippe Meynard, président girondin de l’association AVC tous concernés, s’active sur les réseaux sociaux pour parler prévention.
  • L’ancien maire va de Barsac à Saint-Jacques-de-Compostelle ou jusqu’à Lourdes sur son vélo d’appartement, tout en véhiculant des infos santé sur l’AVC aux confinés dont « l’hygiène de vie déraille ».

Des cabinets médicaux désertés, des lits libres en unité neurovasculaires du CHU de Bordeaux, des ordonnances non renouvelées, des services d’urgences moins saturés… Depuis le 17 mars, « les Girondins, comme beaucoup de Français, ont mis leur santé de côté », lâche Philippe Meynard depuis sa maison de Barsac. L’ancien maire de ce village girondin, victime d’un accident vasculaire cérébral il y a plus de six ans, ne lâche rien et sensibilise au dépistage de l’AVC depuis le début du  confinement.

En pleine épidémie de Covid-19, le président de l’association AVC tous concernés roule pour la bonne cause… sur son vélo d’appartement afin de rebooster ceux dont « l’hygiène de vie déraille » et véhiculer les bons réflexes permettant de prévenir l’AVC. « Dans 80 % des cas, le premier facteur de risque est l’hypertension artérielle. Quand on voit que beaucoup de confinés font lit-canapé-cuisine-canapé, on sait que ce confinement aura des conséquences fâcheuses sur leur santé, assure Philippe Meynard. D’autant que si certains ont tiré un trait sur l’activité physique, il ne faut pas oublier ceux qui ne renouvellent pas leur traitement ou ceux qui vont consulter pour un Covid-19 et chez qui le médecin découvre finalement du diabète, de l’hypertension, du cholestérol. »

« Le confinement synonyme de laisser-aller côté alcool, cigarettes et malbouffe »

Depuis le 22 mars, l’ancien maire cumule les kilomètres : 1.100 de Barsac à Saint-Jacques-de-Compostelle, 200 de Barsac à Lourdes ou encore 560, de Barsac au Mont-Saint-Michel. « Je suis arrivé à Ciré-d’Aunis ce matin, j’espère gagner le Mont-Saint-Michel demain, glisse à 20 Minutes celui qui compte bientôt rejoindre la Bosnie-Herzégovine en passant par Rome et le Canal du Midi. Ça me permet de bouger, de me changer les idées, de me mettre de belles images plein la tête. » Et surtout de parler santé avec ses 10.000 abonnés.

En se filmant en train d’avaler les kilomètres, Philippe Meynard « attise la curiosité », dit-il, et distille les bons conseils à ses nombreux « amis » Facebook et leur famille. « Pendant ce confinement, les Français ont revu leurs priorités. Pour beaucoup, il est synonyme de laisser-aller côté alcool, cigarettes et malbouffe, autant d’amis du cholestérol, du diabète, de l’hypertension qui sont à l’origine des AVC », détaille le roi du vélo d’appartement qui recommande de « cultiver » la « positive attitude ». « Il faut prendre ses traitements, faire de l’exercice, profiter de cette heure qui nous est accordée pour prendre l’air. Et puis le faire en restant joyeux. Qu’importe, s’il pleut [nous sommes en Nouvelle-Aquitaine, rappelons-le] », ajoute le président d’AVC tous concernés qui mise désormais sur le Web.

Les réseaux sociaux pour parer au plus pressé

Le Covid-19 et le confinement auront eu la peau des habituelles actions de l’été (tournée des plages, bus de prévention, etc.). AVC tous concernés a donc basculé une partie de son budget dans l’enveloppe com'. Sur les réseaux sociaux, Philippe Meynard s’active et le spot de prévention réalisé par les étudiants de l'école Kedge (campus de Talence) tourne en boucle.

« Les gens ont peur de se retrouver dans une salle d’attente dans laquelle le Covid-19 peut rôder, ils n’osent plus appeler de 15 par peur de déranger des hôpitaux débordés alors il faut aller les chercher et les réseaux sociaux permettent de parer au plus pressé », explique Philippe Meynard. Grâce à cette opération de sensibilisation, aux médias et aux alertes des Sociétés françaises neurovasculaire et de cardiologie qui ont relevé une inquiétante baisse des consultations, AVC tous concernés espère toucher plus de deux millions de Néo-Aquitains. « Mes parents qui ont plus de 80 ans n’ont pas Internet, mais ils lisent le journal. C’est vraiment important d’en parler, parce que la maladie ce n’est pas que le Covid-19 et parce qu’en cas d’AVC, tout se joue en moins de cinq heures après l’apparition des premiers symptômes », martèle Philippe Meynard.

En Nouvelle-Aquitaine, les maladies cardio-neuro-vasculaires sont la première cause de mortalité, avec 18.000 AVC et 2.000 décès recensés chaque année. Faiblesse dans une jambe, paralysie d’un bras, affaissement d’un côté du visage ou difficultés à parler et à répéter des mots sont les symptômes les plus courants. Dès leur apparition, il ne faut pas hésiter à appeler le 15.