Coronavirus à Bordeaux : On a testé « Les Reliques maudites », le jeu de rôle des confinés

ENFERMES, DELIVRES Avec de jeu de rôle en ligne, la société Eventyr, basée à Pessac, promet, en pleine épidémie de Covid-19, de nous aider à « mieux passer ce moment difficile »

Marion Pignot

— 

Il faudra lever tous les « sortilèges animalus » pour pouvoir s’adonner au Coronapéro.
Il faudra lever tous les « sortilèges animalus » pour pouvoir s’adonner au Coronapéro. — UGO AMEZ/SIPA
  • L’escape game girondin Eventyr a créé un jeu en ligne gratuit pour s’occuper entre amis ou en famille durant la période de confinement.
  • 20 Minutes a testé « Les Reliques maudites », qui promet de nous aider à nous faire « garder la forme ».
  • On vous conseille de jouer avec des enfants, de ranger tout ce qui pourrait casser et, surtout, d’éviter les escaliers.

« Il y a une boîte bordelaise qui a lancé un jeu en ligne gratos spécial confinement, ça vous dit de tester ? » La sœur, le beau-frère, les deux neveux et leurs copains ont tout de suite dit « banco » et le rendez-vous est pris sur les ordis pour jouer aux Reliques maudites. Avec ce jeu de rôle, l’escape game girondin Eventyr promet de nous aider à « mieux passer ce moment difficile »​ et de nous faire « garder la forme ». Le but ? Récupérer à l’aide d’énigmes des objets de la maison et les ramener au centre de la table… le plus rapidement possible.

Nous sommes dans un jeu de rôle censé « stimuler la forme physique et psychologique » chaque objet est donc maudit par le « Seigneur des ténèbres qui savait que nous serions tous confinés dans nos maisons ». Le joueur le plus lent sera automatiquement transformé en animal. Le prochain tour se jouera en rampant comme un serpent, en sautant comme un kangourou ou, encore, à cloche-pied tel un flamant rose.

Ça crie, ça se marre dès la seconde épreuve

Les partenaires de jeu sont motivés, remontés à bloc, prêts à gagner. La vidéo qui accompagne les règles du jeu est lancée et la musique façon Seigneur des anneaux crache dans les trois salons. Un conseil pour les suivants : choisissez un maître du jeu, virez tout ce qui peut casser, des bibelots de mamie aux cocktails fraîchement préparés. Pour ceux qui ont des escaliers, interdisez-les. Ce n’est pas le moment de mobiliser nos soignants.

Trouvez un « objet en métal qui permet de boire sa soupe » et c’est le moment de courir chercher une cuillère. Nilo, 12 ans, revient en moins de cinq secondes. Il écrase les autres joueurs. Adrien, Tom, Baptiste et Aurélie deviennent des crapauds et filent chercher le deuxième objet en bondissant accroupis. Ça crie, ça se marre dès la seconde épreuve. Il y en a dix, ça promet. Maintenant il faut trouver un euro : « mais va chercher mon sac viiiiiiiiiiiiiiiite », hurle Aurélie. Un « objet sur lequel on peut écrire » ? Trop facile, Olivier en a une pour noter les scores sous la main.

Contente d’avoir « vu la famille » confinée trop loin

Puis Louna, 16 ans, revient à cloche pied de l’enfer avec une clé. Et quand il faut ramper on perd un couple d’un côté… Des joueurs partent dans tous les sens, certains restent assis criant les consignes et ordonnant d’être plus rapide. Ça se chambre entre adultes. On flippe quand on voit Tom, 10 ans, glisser version « slow motion », puis on finit par jouer l’arbitre un brin partial. On a envie que Louna gagne parce qu’elle se donne du mal en marchant à reculons comme une pieuvre, ou qu’Adrien l’emporte parce que c’est notre filleul [même si cette chaussette sale valait tous les points du monde].

Compliqué de prendre une photo nette quand chaque joueur veut absolument gagner.
Compliqué de prendre une photo nette quand chaque joueur veut absolument gagner. - Marion Pignot

Au final, après plus de vingt-cinq minutes d’un jeu qui donne le rouge aux joues, c’est l’équipe de Christelle qui cumule un max de points [en vrai, c’est celle d’Aurélie, mais a-t-on le droit de faire gagner la famille ?] Il faudra trouver l’ultime indice pour lever les « sortilèges animalus » et pouvoir enfin s’adonner au Coronapéro. La frangine est contente d’avoir « vu la famille » confinée trop loin. Nous, heureuse d’avoir vu les enfants se marrer et hurler [chez les autres]. Les gamins, eux, regrettent apparemment que la « bonne ambi » ne dure pas plus longtemps. Rien n’est perdu, Eventyr indique que l’on peut faire durer le plaisir à notre guise en créant nous-mêmes des énigmes et des gages. C’est court, mais bien foutu et surtout, ça nous fait « bouger tout en restant chez soi ». Le nouveau mantra.