Coronavirus en Nouvelle-Aquitaine : Des internats deviennent les « bases arrières » des personnels soignants

EPIDEMIE La Nouvelle-Aquitaine a mobilisé l’internat du lycée Auguste-Renoir, à Limoges, pour loger les soignants du CHU, et l’expérimentation devrait essaimer dans toute la région

Marion Pignot

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Un message de remerciement aux personnels soignants, collé sur le portail du CHU de Bordeaux, en mars 2020.
Un message de remerciement aux personnels soignants, collé sur le portail du CHU de Bordeaux, en mars 2020. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Dans le cadre de la possible aggravation de la crise sanitaire en cours liée au Covid-19, la Nouvelle-Aquitaine a décidé d’exploiter les internats des lycées et expérimente, depuis ce lundi, le concept à Limoges.
  • L’internat du lycée Auguste-Renoir, qui peut accueillir jusqu’à 50 personnes, vient d’être ouvert aux personnels soignants du CHU.
  • Cette expérimentation devrait rapidement être déployée à Mont-de-Marsan, Agen, Bordeaux, Poitiers ou encore Libourne.

L’internat du lycée Auguste-Renoir, à Limoges, a ouvert aux personnels soignants. Dans le cadre de la possible aggravation de la crise sanitaire liée au Covid-19, la Nouvelle-Aquitaine a décidé d’exploiter les internats en les transformant, dès ce lundi, en « lieu de repos et de restauration à proximité des centres hospitaliers pour les personnels qui y exercent ». Cette expérimentation devrait rapidement être déployée à Mont-de-Marsan, Bordeaux, Poitiers, Agen, La Rochelle ou encore Libourne. « Dans toutes les villes où les internats se situent à proximité des hôpitaux », explique à 20 Minutes Jean-Louis Nembrini, vice-président de la Région Nouvelle-Aquitaine chargé de l’Education.

La semaine dernière, le CHU de Limoges a toqué à la porte de la Région, exprimant le souhait de disposer d’une « base arrière pour les soignants valides mobilisés », explique Jean-Louis Nembrini. Rapidement, germe l’idée d’investir l’internat du lycée Auguste-Renoir. Il faut dire que l’établissement, qui peut accueillir jusqu’à 50 personnes, réunit des conditions optimales : sa proximité géographique avec le CHU, des personnels de responsabilité logés à plein temps, mais aussi une habitude d’amplitudes horaires étendues, en raison d’un internat d’accueil de sportifs de haut niveau rentrant régulièrement tard de compétitions nombreuses et variées.

Les affaires des élèves ont été triées, rassemblées, rangées

Aiguillés par l’Agence régionale de santé (ARS), le proviseur du lycée Auguste-Renoir, la Nouvelle-Aquitaine et le CHU réussissent à mettre sur pied le dispositif en moins de trois jours. « Les agents du conseil régional se sont immédiatement mobilisés sur le mode du volontariat pour participer à cette initiative : il s’agit principalement de tâches d’accueil et de logistique [petits-déjeuners]. Le traiteur a proposé de fournir des plateaux-repas froids pour les dîners », précise François Vincent, conseiller régional et médecin au CHU de Limoges.

D’autres ont fait en sorte que l’internat soit nickel pour accueillir les soignants, « qui vont devoir assurer des rotations de plus en plus nombreuses dans les jours à venir », précise Jean-Louis Nembrini. Les poignées de porte et toutes autres surfaces susceptibles d’être des vecteurs de propagation du Covid-19 ont été désinfectées. Et les affaires des élèves ont été triées, rassemblées, rangées. Quant aux chambres qui accueillent habituellement trois internes, elles ont été préparées pour ne recevoir qu’un seul personnel soignant.

Les internats, ces « annexes sanitaires »

Une cartographie des internats susceptibles de répondre à la demande des CHU a été élaborée. Vingt établissements pourraient être mobilisés. « Six centres hospitaliers nous ont déjà contactés, a assuré ce mardi Alain Rousset, président de la Région, lors d’une conférence de presse. Nous sommes en train de voir si ces internats pourraient également devenir des annexes sanitaires en recevant notamment des patients en rémission, afin de désengorger les hôpitaux et éviter la saturation des lits. »

En attendant, le personnel soignant accueilli à Auguste-Renoir bénéficiera d’un autocar qui le conduira gratuitement à l’hôpital. Cet hébergement et ces navettes, à raison de quatre par jour, devraient, selon Jean-Louis Nembrini, « aider et soutenir des soignants fatigués durant une période plus que difficile, moralement et physiquement ».