Coronavirus : Avec « Un repas pour nos soignants », un Bordelais veut alléger le quotidien de ceux qui « sauvent des vies »

SOLIDARITE Kevin Tran, 36 ans, a lancé la page Facebook « Aidons nos soignants – Un repas pour eux » dès le premier jour de confinement

Marion Pignot

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Le personnel hospitalier de l'hôpital de Pau, dans les Pyrénées Atlantiques, au début de l'épidémie de coronavirus.
Le personnel hospitalier de l'hôpital de Pau, dans les Pyrénées Atlantiques, au début de l'épidémie de coronavirus. — Quentin Top/SIPA
  • Le groupe Facebook « Aidons nos soignants -  un repas pour eux » met en lien des particuliers qui proposent de préparer gratuitement un repas pour les soignants.
  • Créé dès le premier jour de confinement par le Bordelais Kevin Tran, le groupe rassemble plus de 2.000 membres et voit essaimer les volontaires partout en Gironde.
  •  Kevin Tran espère que son initiative dépassera les frontières du Bordelais, afin que nombre de soignants puissent récupérer des repas faciles à réchauffer sur leur trajet domicile-travail.

Concocter un bon petit plat, « facile à préparer et qui pourra être réchauffé rapidement » et le glisser devant sa porte pour le soignant qui galère depuis le début de l’épidémie de coronavirus. Voici la chouette idée de Kevin Tran, Bordelais qui refuse « de laisser le personnel hospitalier de démener tout seul alors qu’il n’a plus de temps de rien faire à part sauver des vies ».

Cet informaticien de 36 ans, qui connaît le télétravail depuis belle lurette, a lancé la page Facebook « Aidons nos soignants – Un repas pour eux » dès le premier jour de confinement. L’idée ? « Aider au mieux le personnel soignant qui est en première ligne face à l’épidémie de Covid-19, qui a des journées épuisantes et qui ne peut plus gérer le quotidien », relève Kevin Tran. Le tout, en respectant quelques règles de sécurité, comme « se laver les mains avant la préparation, protégez sa bouche avec un foulard ou un masque si vous en avez un, privilégiez les récipients à usage unique (style barquette en aluminium), désinfecter l’extérieur des contenants lorsque ceux-ci sont remplis ».

Des médecins du CHU de Pellegrin aux urgentistes d’Agen

Et puis on évite de participer « au projet si l’on n’est pas en bonne santé », ajoute le trentenaire, qui ce jeudi après-midi revient d’avoir récupéré « la partie traiteur d’un magasin qui fermait » pour l’apporter au CHU Haut-Lévèque, à Bordeaux. Pareil ce vendredi. Le père de famille prend sur son temps de travail pour apporter des plats préparés au CHU de Pellegrin « ou les déposer dans le coffre d’une amie urgentiste qui les descendra aux soignants d’Agen ».

Il y a quelques mois, des amis de Kevin Tran ont donné naissance à un bébé prématuré. « On était là pour leur filer un gros coup de main, on leur préparait leurs repas pour qu’ils puissent avoir quelque chose dans le frigo quand ils revenaient d’avoir vu le petit », se souvient le Bordelais. C’est comme ça que l’idée de la page Facebook aux plus de 2.000 membres a germé : « On ne sait pas forcément comment soutenir tous ceux qui travaillent énormément depuis des semaines, et j’ai pensé à cette période-là. Au fait que ça avait pu réellement soutenir moralement et physiquement nos amis. »

« L’idée, c’est que ça dépasse les frontières du Bordelais »

L’initiative porte ses fruits en Gironde, sur la métropole bordelaise principalement, où plus de 150 offres sont déjà recensées. Restaurateurs, jeunes actifs confinés ou retraités [des femmes à 85 %] proposent de mettre la main à la pâte. Aux soignants de venir chercher lasagnes ou gratins déposés sur le palier, dans le coffre ou sur le siège passager… après avoir regardé si une offre se trouve sur leur chemin.

« L’idée n’est pas de leur faire perdre du temps en leur faisant faire un détour, mais qu’il y ait de plus en plus d’offres partout sur le territoire », explique Kevin Tran, qui cuisine pour les soignants plus d’une fois par semaine. Et le solidaire d’ajouter : « Il faudrait que cette initiative dépasse les frontières du Bordelais, qu’elle atteigne le Grand Est et Paris, où les soignants sont plus sévèrement touchés. On sait cependant que la vague arrive chez nous, alors si on est davantage organisés on pourra encore mieux les aider. »