Gironde : Un squat abritant près de 250 personnes évacué par la police

SOCIETE Le squat, situé rue Denis-Papin à Bègles, était installé depuis 2016 dans cette zone commerciale des Rives d’Arcins

E.P.

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Le squat était installé depuis 2016 dans cette zone commerciale des Rives d'Arcins, à Bègles. Lancer le diaporama
Le squat était installé depuis 2016 dans cette zone commerciale des Rives d'Arcins, à Bègles. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • 247 personnes ont été évacuées ce mardi du squat de la rue Denis-Papin à Bègles.
  • La préfecture rapporte que parmi elles 67 ont intégré un programme d'accompagnement social. 
  • Pour 38 autres, les autorités vont procéder à un examen de leur situation administrative. 

Ce mardi matin à partir de 6 h 30, les forces de l’ordre sont intervenues sur arrêté préfectoral pour évacuer le squat de la rue Denis Papin à Bègles près de Bordeaux. Il était occupé par 247 personnes, des Roms d’origine bulgare pour la plupart. « L’opération s’est déroulée dans le calme en présence des services de la préfecture, de la direction départementale de la sécurité publique (DDSP), de la police aux frontières (PAF), de la gendarmerie, de la direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) avec l’appui d’interprètes », explique la préfecture dans un communiqué.

Depuis 2016, des personnes étaient venues trouver refuge dans les entrepôts de ce site qui accueillait auparavant l’ancienne usine d’abat-jour Corep. Depuis 2014, c’est la société Ter Arcins qui est propriétaire du terrain sur lequel elle prépare un projet de pôle commercial de 28.000 m2. Elle a multiplié les demandes d’évacuation des lieux depuis 2016. Les autorités justifient l’évacuation par « un risque sanitaire important pour ses occupants notamment en raison de la présence d’amiante dans le bâtiment doublé d’un risque incendie (branchements défectueux, bouteilles de gaz…) »

67 personnes accompagnées

La DDCS a travaillé en amont de l’évacuation pour identifier 18 familles (67 personnes) « présentant de bonnes perspectives d’intégration vers un accompagnement social et économique dans le cadre de la Maîtrise d’Œuvre Urbaine et Sociale (MOUS) mise en place par l’État. » Plusieurs solutions d’hébergement étaient disponibles, cependant la préfecture rapporte que la plupart des évacués ont souhaité repartir à bord de leurs caravanes. « Une évacuation ce n’est pas le bon moment pour proposer du relogement, les personnes ne sont pas en confiance, estime Aude Saldana-Cazenave, coordinatrice régionale pour Médecins du Monde. C’est ce qu’elles attendent donc je ne vois pas pourquoi elles refuseraient ». L’association réalise deux à trois tournées par mois dans ce bidonville depuis début 2017 et elle a relevé de graves pathologies médicales chez certains des occupants.

« La circulaire de janvier 2018 n’est pas respectée car elle stipule qu’il ne faut pas expulser sans avoir de solutions pour tous les habitants, pointe la coordinatrice de Médecins du Monde. Et on suivait des enfants avec des pathologies graves qui ne se sont pas vus, au regard de nos informations, proposer une mise à l’abri d’urgence pour personnes vulnérables ». Elle regrette aussi que les relogements n’aient pu être envisagés au fur et à mesure et que la trêve hivernale, qui se termine le 31 mars, n’ait pas été respectée.

Quelque 38 personnes seront auditionnées dans les prochains jours par les services de la sûreté départementale et de la police aux frontières afin de vérifier leur situation administrative.

La société propriétaire du site a entamé des travaux de démolition dès la fin de l’évacuation. Médecins du monde a pour vocation à aller chercher les personnes qui n’ont été intégrées dans aucun dispositif afin de lutter contre les ruptures dans les parcours de soins.