Bordeaux : Bilan en demi-teinte dans les écoles où l’on teste le petit-déjeuner gratuit

PLAN PAUVRETE La ville de Bordeaux note que les petits-déjeuners gratuits proposés aux enfants ne sont pas tous consommés et estime qu’il faut peut-être ajuster le dispositif en lien avec la direction académique

Elsa Provenzano

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Des petits déjeuners gratuits sont expérimentés dans deux écoles bordelaises depuis l'automne 2019.
Des petits déjeuners gratuits sont expérimentés dans deux écoles bordelaises depuis l'automne 2019. — POUZET/SIPA
  • Lancés cet automne dans deux écoles maternelles, les petits-déjeuners gratuits concernent une soixantaine d’enfants à Bordeaux.
  • La ville rapporte que toutes les denrées alimentaires proposées ne sont pas consommées par les écoliers.
  • Elle envisage d’adapter le dispositif, piloté par l’Education Nationale, en incluant de nouveaux établissements et en proposant de la sensibilisation à la nutrition, en complément.

Depuis le mois d’octobre, deux écoles maternelles prioritaires de la ville de Bordeaux testent le dispositif de petit-déjeuner gratuit lancé par le gouvernement dans le cadre de son plan pauvreté. Si l'Etat estime que les résultats sont bons et reconduit le dispositif, le bilan est en demi-teinte à l’échelle de la ville

« On a quatre à cinq enfants régulièrement par classe, soit une trentaine d’enfants par établissement, rapporte Emmanuelle Cuny, maire adjoint en charge de l’éducation et à la restauration collective à Bordeaux. On a pensé dans un premier temps que les biscottes ne plaisaient et on les a remplacées par du pain qui n’est pas mieux consommé ». Ce qui est le plus apprécié par les enfants ce sont les fruits. Ce sont les agents de la ville qui proposent ce petit-déjeuner aux enfants, identifiés en amont en lien avec le personnel éducatif.

Des ajustements envisagés

Si l’adjointe se réjouit que beaucoup d’écoliers bordelais n’arrivent pas à l’école le ventre vide, elle avance des ajustements possibles. Elle évoque par exemple la possibilité d’inclure d’autres établissements, comme la maternelle des Menuts dans laquelle sont scolarisés des enfants allophones et où il existe une forte mixité sociale. Elle précise que c’est la direction académique qui choisit les établissements bénéficiaires et l’étendue de la portée du dispositif. Il faudra certainement attendre la fin des élections municipales pour connaître les décisions du gouvernement sur l’évolution du plan.

« On expérimente aussi des petits-déjeuners partagés associant enseignants, parents et enfants et qui traitent de thématiques comme la nutrition, les écrans etc. souligne Emmanuelle Cuny. Je pense que c’est un bon complément au dispositif des petits-déjeuners gratuits et qui permet de lutter contre l’isolement des familles ».