Aéroport de Mérignac : Les agents de sûreté en grève illimitée

SOCIAL Une centaine d’agents de sûreté de Hubsafe Régional manifestent depuis vendredi contre la dégradation de leurs conditions de travail

M.P.

— 

Merignac, 23 avril 2012. - Aeroport de Bordeaux Merignac. - Photo : Sebastien Ortola
Merignac, 23 avril 2012. - Aeroport de Bordeaux Merignac. - Photo : Sebastien Ortola — SEBASTIEN ORTOLA
  • Les agents de sûreté de l’aéroport de Mérignac sont en grève depuis vendredi pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail liée à la privatisation, depuis 2011, de leur mission d’inspection et de filtrage des passagers.
  • Selon eux, Hubsafe Régional qui a remporté le dernier appel d’offres a rogné sur tous leurs acquis sociaux et ces conditions de travail sont « incompatibles avec l’efficacité de la sûreté aéroportuaire » qui ne peut être « low cost ».
  • Les grévistes, qui ne s’estiment pas entendus par Hubsafe Régional, ont pu s’entretenir avec le préfet ce lundi matin.

Quatorze revendications et une grève illimité. Ce lundi, les agents de sûreté ont entamé leur quatrième jour de manifestation à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac. Tous dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail depuis 2011 et la sous-traitance de leur mission d’inspection et de filtrage des passagers à des entreprises privées.

Dernière en date, Hubsafe Régional qui, selon les agents, est revenue d’emblée sur tous les acquis sociaux obtenus des dernières années. Banderoles en main, les grévistes ont donc dénoncé des « emplois précaires », des « arrêts maladie non remplacés », une « infrastructure inadaptée et insalubre » ou encore la perte de la « cinquième semaine de congé fractionnable ».

« Parfois jusqu’à six heures de vacation sans pause »

« J’ai fait quatre entreprises en sept ans, à chaque fois ça a été compliqué. Mais Hubsafe nous néglige carrément. Ce qui explique ce ras-le-bol et ce premier gros mouvement », assure Aurélie Morin, agente affiliée Force ouvrière. Dans leur communiqué, les agents « en sous-effectifs » expliquent réclamer, parmi 14 autres revendications, une « augmentation de salaire », des embauches, le « transfert obligatoire des acquis sociaux » ou encore « une stratégie d’entreprise avec le maintien de la sûreté avant le commercial ». Car, selon eux, impossible de veiller à la sécurité des passagers lorsqu’il faut faire « parfois jusqu’à six heures de vacation sans pause ».

« Il n’y a pas d’avancées et nous ne sommes pas pris au sérieux. Nous continuerons la grève toute la semaine s’il le faut ou nous organiserons d’autres actions », poursuit Aurélie Morin qui admet que les grévistes ont pu, ce matin, s’entretenir avec le préfet et qu’une demande de médiation allait être rédigée.

Environ 75 grévistes sur les 135 agents étaient en grève aujourd’hui. Ils étaient 112 vendredi. Dès le début du mouvement, Hubsafe, que nous n'avons pas réussi à joindre, a appelé des renforts parisiens afin de remplacer les grévistes bordelais.