Bordeaux : Les travaux de la déviation routière du Taillan-Médoc peuvent se poursuivre, décide le tribunal administratif

INFRASTRUCTURES Deux associations environnementales demandaient en référé l'arrêt immédiat du chantier

Mickaël Bosredon

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Manifestation des opposants à la déviation du Taillan, lors de l'audience en référé le 12février 2020.
Manifestation des opposants à la déviation du Taillan, lors de l'audience en référé le 12février 2020. — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Le chantier de cette déviation routière avait été lancé en octobre dernier.
  • Il doit servir à soulager la ville du Taillan-Médoc, près de Bordeaux, traversée chaque jour par 20.000 véhicules.
  • Mais selon l’association Natur’Jalles qui le conteste devant le tribunal administratif, il fait porter une menace sur les eaux souterraines de ce secteur.

Lancés fin 2019, les travaux de la déviation routière du Taillan-Médoc, près de Bordeaux, peuvent se poursuivre. Le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté lundi les requêtes de deux associations, Natur’Jalles et France nature environnement (FNE), qui réclamaient l’arrêt en urgence de ce chantier, via une procédure en référé.

Le conseil départemental de la Gironde, qui porte ce projet, a réagi lundi soir dans un communiqué. « Cette première étape atteste de l’exigence environnementale sans précédent du projet de déviation du Taillan, qu’avait traduit l’avis favorable du Conseil national de la protection de la nature (CNPN) en juin 2019 » estime le département. Il ajoute qu' « avec la réalisation de cette déviation, ce sont d’abord des vies humaines qu’il s’agit de protéger, pour la traversée du Taillan empruntée au quotidien par plus de 20.000 véhicules (dont environ 1.300 camions), mais c’est également la desserte du Médoc, très attendue, qui sera améliorée. »

« Risque de pollution de la ressource en eau »

L’association Natur’Jalles « prend acte » de cette décision. « Sans préjuger de la suite judiciaire », elle « entend désormais porter sur la place publique la problématique majeure du risque de pollution de l’eau potable. » Pour elle, « le projet de la déviation du Taillan se trouve dans sa totalité, sur un secteur de vulnérabilité extrême concernant le risque de pollution de la ressource en eau potable de Bordeaux métropole. » L’association estime que le département minimise grandement les risques sur ce sujet, et n’a pas pris les précautions nécessaires.

Ce projet de déviation, long de 8 km entre Le Pian-Médoc et Arsac, pour un montant de 23 millions d’euros, doit servir à désenclaver la traversée du Taillan. Il a été plusieurs fois contesté devant les tribunaux, et déjà annulé en 2015, en raison de la menace qu’il faisait porter à une centaine d’espèces protégées (notamment le papillon azuré de la sanguisorbe). Mais une nouvelle mouture du projet avait finalement été validée en 2019. Le 23 mai 2019, le CNPN  rendait un avis favorable sous conditions concernant cette déviation. Ce qui traduit, selon le département, « la bonne prise en compte des impératifs de protection de la biodiversité. »

Sa mise en service pourrait avoir lieu fin 2021.