Bordeaux : Plongée au cœur du cheerleading à la française avec les Tigers de Villenave d’Ornon

SHOW Alors que la série « Cheer » cartonne sur Netflix, « 20 Minutes » a voulu savoir ce qu’était le cheerleading en France en 2020…

Mickaël Bosredon

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Bordeaux : Plongée au coeur du cheerleading avec le club des Tigers de Villenave d'Ornon — 20 Minutes
  • Nous sommes allés à la rencontre des cheerleaders du club des Tigers de Villenave d’Ornon, près de Bordeaux.
  • Derrière les sourires, les tuniques et les paillettes, on découvre de véritables athlètes qui s’entraînent dur plusieurs fois par semaine.
  • Exigeant sportivement, le club des Tigers prône aussi les valeurs d’intégration au sein de ses équipes.

Le cheerleading, ce n’est pas que des pom-pom girls au bord des terrains. C’est aussi une véritable discipline sportive, avec ses championnats du Monde, d’Europe, et de France. Le club des Tigers de Villenave d'Ornon, près de Bordeaux, y décroche régulièrement des places de choix : quatre titres de champion de France chez les juniors médians, et un titre de champion de France chez les seniors élites. L’équipe seniors a également obtenu une dixième place aux championnats du monde à Orlando en 2019, ce qui la qualifie pour le championnat européen 2020 à Vérone.

Le 16 février 2020, entraînement des cheerleaders des Tigers de Villenave d'Ornon
Le 16 février 2020, entraînement des cheerleaders des Tigers de Villenave d'Ornon

Certains des athlètes seniors élites font également partie de la sélection nationale française (l’équivalent de l’équipe de France). C’est le cas d’Elodie Mommessin, 21 ans, qui est restée deux ans en sélection nationale. « C’est une amie qui avait vu les Tigers sur les quais à Bordeaux, qui m’a conseillé d’essayer. La première fois j’ai détesté, mais ma mère m’a encouragée, et après il y a eu un déclic et c’était parti, cela fait maintenant huit ans que je pratique, raconte-t-elle. J’avais fait plein d’autres sports, de la gymnastique, de la danse, du patinage artistique… Mais j’ai trouvé dans le cheerleading tout ce que j’avais fait auparavant. »

Porté, Fly… Le cheerleading a ses codes

Sa coach Marion Crochet ne tarit pas d’éloge sur sa championne. « C’est une référence nationale féminine, c’est notamment elle qui a lancé les premiers portés toute seule avec la fly. » Porté ? Fly ? Le cheerleading a son jargon, ses codes. Il y a les porteurs, ou les bases, et les fly, ou flyers. « Souvent, ceux qui arrivent chez nous ont une idée bien en tête, et veulent se retrouver tout en haut, ils veulent être fly, sourit Marion Crochet. Et puis finalement, certains se retrouvent en bas, à la base, et la plupart du temps ce sont les plus fidèles. »

Marion Crochet, coach des cheerleaders des Tigers de Villenave d'Ornon
Marion Crochet, coach des cheerleaders des Tigers de Villenave d'Ornon - Mickaël Bosredon/20 Minutes

Si la coach insiste sur « l’esprit sportif » des Tigers, elle veut aussi mettre en avant les valeurs d’intégration du club. « On peut accueillir n’importe qui, car tous les profils sont importants. On a des gens plus ou moins forts, des minces, des grands, des petits… Chacun trouve sa place. » Y compris les garçons, qui sont cette année au nombre de six dans le club.

« Même si on a mal, il faut sourire »

En France, les clubs de cheerleading sont affiliés à la Fédération française de football américain (FFFA). Marion Crochet est d’ailleurs salariée de cette fédération, et responsable national du cheerleading en France. « Le cheerleading a commencé sur les bords des terrains de football américain et de basket, rappelle la coach, mais il s’est construit sa propre discipline, avec des acrobaties de plus en plus spectaculaires et techniques, ce qui fait qu’aujourd’hui c’est une véritable discipline avec ses propres compétitions. »

En championnat, il faut produire une « routine » de 3’20, avec 30" de « scand », « car à la base le cheerleading c’est "encourager" » souligne Marion Crochet. « Il faut que le public chante avec nous, et plus il chante, plus on gagne des points. Ensuite, nous avons une chorégraphie de 2’30, avec des portés, de la danse, les sauts, les pyramides, le tumbling (gymnastique au sol), etc. Pendant ces exercices, il ne faut évidemment aucune chute, et surtout de l’élégance, de la prestance. Même si on a mal, il faut sourire. »

Entraînement du club de cheerleading des Tigers de Villenave d'Ornon
Entraînement du club de cheerleading des Tigers de Villenave d'Ornon - Mickaël Bosredon/20 Minutes

« Ça a l’air tellement facile comme ça, quand on les regarde sur le praticable, mais on ne se doute pas de l’envers du décor », poursuit la coach, qui reconnaît que l’on a généralement « une opinion de ce sport un peu trop paillette, à cause de l’uniforme, la coiffe, le maquillage… »

La série Cheer de Netflix montre l’envers du décor

Montrer l’envers du décor, c’est l’ambition de la série Cheer, diffusée sur Netflix depuis le début de l’année, et qui est vite devenue une référence dans le milieu. « Ce documentaire montre la réalité du sport, et non pas le côté paillettes, souligne Elodie Mommessin. Grâce à cette série, même aux Etats-Unis des gens redécouvrent ce sport, c’est hyperpositif. »

Et pour le public qui voudrait découvrir les prestations des Tigers, elles sont visibles aux temps morts des matchs de hand du club de Mérignac. Les cheerleaders feront même bientôt une chorégraphie pour le club de rugby de l’UBB, lors du match contre Brive le 16 mai. Sous vos applaudissements…