Bordeaux : Le vélo-cargo gagne de plus en plus d’adeptes dans les rues de la ville

MOBILITE Une forte présence des femmes parmi les cyclistes bordelais a été pointée par l’Insee, en comparant les villes de plus de 200.000 habitants

Elsa Provenzano

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Les vélos-cargos connaissent un succès particulier à Bordeaux.
Les vélos-cargos connaissent un succès particulier à Bordeaux. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • A Bordeaux le triporteur connaît un succès particulier et vient souvent remplacer la deuxième voiture chez les jeunes couples de parents.
  • Autre particularité bordelaise, les femmes sont surreprésentées parmi les cyclistes bordelais, par rapport aux autres villes de plus de 200.000 habitants.

A Bordeaux, les embouteillages chroniques ont poussé nombre de Bordelais à passer au vélo, pas forcément parce qu’ils ont la fibre écolo mais en premier lieu pour des raisons pratiques.

Parmi eux, les femmes sont surreprésentées par rapport aux profils des cyclistes des grandes villes françaises et on observe aussi que les triporteurs sont nombreux à sillonner les rues.

Un engouement pour les triporteurs depuis cinq ans

« 95 % des clients qui viennent pour des vélos cargos sont de jeunes parents qui vivent en ville (intrarocade), explique Michaël Persichetti, responsable du magasin Cyclable à Bordeaux qui propose une offre étoffée de vélos cargos. Ils veulent pouvoir s’en servir pour aller au drive, chercher un colis etc. »

Ces vélos XXL permettent de charger un ou deux enfants mais aussi quelques courses et on en voit de plus en plus dans les rues bordelaises où ils sont plébiscités depuis quatre à cinq ans. « La ville s’y prête, elle est assez plate et il y a des aménagements cyclables intéressants, justifie Michaël Persichetti, qui glisse que son magasin propose des vélos cargos depuis 2010. On est aussi une ville très embouteillée, la troisième de France après Paris et Marseille ».

Les vélos d’entrée de gamme de ce type sont proposés à 1.500 euros et « ce n’est pas un truc de bobos, assure-t-il. Souvent, c’est un équipement qui vient remplacer la seconde voiture. L’achat se fait à deux et l’usage est partagé au sein du couple. » Les ventes de vélo cargo représentent un tiers du chiffre d’affaires vélos pour ce magasin bordelais. Alors qu’il y a quatre à cinq ans, les couples poussaient la porte de la boutique pour se renseigner sur les triporteurs, aujourd’hui ils se présentent avec une idée de modèle précis en tête.

Pour Orianne Hommet, de l’association Vélo-Cité Bordeaux, l’engouement pour ces vélos spéciaux s’explique par le fait que le vélo particulier a d’abord trouvé sa place et qu’il y a aujourd’hui une vraie culture vélo à Bordeaux. « Il est tellement difficile de circuler qu’on va plus facilement traverser la ville avec un triporteur qu’en voiture bien sûr mais aussi qu’en tram ou en bus », note-t-elle. On ne passe pas de sa voiture à un triporteur, on s’est auparavant essayé au vélo particulier et le recours massif aux vélos cargos montre une certaine maturité des usagers par rapport à la pratique du vélo.

Les femmes surreprésentées parmi les cyclistes

« Bordeaux est la seule ville de 200.000 habitants ou plus où les femmes utilisent plus souvent le vélo que les hommes : 12,6 % contre 11,1 %. Strasbourg a quant à elle des parts équivalentes », explique l’Insee Nouvelle Aquitaine dans la publication « Au travail à vélo : des trajets urbains et courts », parue en janvier 2017. L’institut relie cette particularité bordelaise à une présence plus importante de femmes cadres (11 %) qu’en moyenne dans les villes de 200.000 habitants ou plus (8,7 %).

« Sur certains territoires, les femmes n’osent pas faire du vélo pour des raisons de sécurité et on ne peut que se réjouir que ce ne soit pas le cas à Bordeaux, commente Orianne Hommet. Il faut préciser par contre que l’on parle du cœur de ville, sur les zones industrielles, comme l’aéroparc, on trouve davantage de cyclistes hommes ».