Immobilier à Bordeaux : Non, les prix ne baissent pas mais ils ont arrêté de s'emballer

LOGEMENT La chambre des notaires de la Gironde a présenté ses chiffres immobiliers ce vendredi pour l’année 2019. Si elle confirme la fin d'une certaine « frénésie » sur les prix, une hausse plus mesurée s’est poursuivie en 2019

Elsa Provenzano

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Le prix des appartements anciens sur la métropole d Bordeaux a augmenté de 8 % en 2019.
Le prix des appartements anciens sur la métropole d Bordeaux a augmenté de 8 % en 2019. — UGO AMEZ/SIPA
  • Les prix de l’immobilier bordelais ont arrêté d’augmenter de façon spectaculaire mais ils ne baissent pas pour autant.
  • Les notaires bordelais ont présenté ce vendredi leurs chiffres 2019 évoquant sur la capitale girondine +1,4 % d’augmentation sur les appartements anciens et 7,3 % sur le prix médian des maisons anciennes.
  • Des pics ponctuels de prix au gré des livraisons des projets immobiliers ne sont pas à exclure et la hausse des prix pourrait se propager à certains secteurs de la métropole, encore accessibles.

L’emballement immobilier bordelais serait terminé selon les notaires de la Gironde, qui ont communiqué leurs chiffres 2019 ce vendredi. Il faut dire que depuis 2015 la hausse des prix n’a pas cessé, pour atteindre des sommets. La capitale girondine talonne aujourd’hui Lyon, la ville la plus chère de Province, avec 4.280 euros le m2 pour les appartements anciens contre 4.300 pour la capitale lyonnaise.

Si le pic est peut-être passé, il a néanmoins porté Bordeaux dans le peloton de tête des villes les plus chères de France et la tendance est toujours à la hausse même si celle-ci est plus contenue.

« Une augmentation plus raisonnable »

« Cela augmente mais de façon plus mesurée avec juste des épiphénomènes de rattrapage, de correction mais globalement on est sur une augmentation plus raisonnable, estime maître Sébastien Cetre, notaire à Bordeaux, à la lumière des chiffres des transactions sur 2019. On se rend compte avec le recul qu’on n’était pas sur une bulle mais sur un vrai phénomène d’offres et de demandes, c’est-à-dire qu’il y a beaucoup plus de demandes à Bordeaux qu’il n’y a d’offres. »

L’an dernier, l’augmentation des prix au m2 sur les appartements anciens avait bondi de 17 % à Bordeaux or sur 2019, l’évolution du prix médian s'établit à 1,4 % sur les appartements anciens et à 7 % sur les neufs.

Les maisons anciennes toujours prisées

Le prix médian des maisons anciennes (472.000 euros) à Bordeaux est en hausse de 7,3  % sur 2019 « Elles plaisent toujours et ce sont des biens de plus en plus rares ce qui crée une augmentation des prix », remarque le notaire bordelais. La durée moyenne de détention d’une maison est de cinq ans à Bordeaux et quand elle est remise sur le marché elle l’est souvent à un prix plus élevé, après rénovation. Certaines maisons sont aussi découpées en appartements et celles qui restent deviennent d’autant plus convoitées par les acquéreurs. 

A noter qu’en Gironde aussi l’attrait de la maison individuelle ne se dément pas. « Il n’y a pas de baisse de prix, aucun ralentissement sur ce marché », pointe maître Joël Moreau, notaire à Bordeaux. Le prix de vente médian sur le département s’établit à 256.500 euros, soit une hausse de 5,2 % en 2019.

Quelle évolution dans les années à venir ?

Si maître Sébastien Cetre se veut rassurant et s’attend à « une augmentation stable » dans les prochaines années, de nombreux projets urbains vont encore sortir de terre sur Bordeaux et pourraient occasionner des flambées ponctuelles de prix. Difficile de faire des pronostics dans ces conditions. 

La clientèle francilienne, qui s’est installée dans la capitale girondine ces dernières années commence à être un peu moins présente. Elle représente aujourd’hui un peu moins de 10 % des acheteurs sur le marché bordelais. « Les industries aéronautiques qui les emploient les font encore venir, mais ils sont avertis à présent et ne font plus augmenter les prix comme par le passé », analyse maître Sébastien Cetre.

Si les hausses les plus importantes sont peut-être terminées sur le marché bordelais, par un effet de « ruissellement », les prix pourraient grimper dans certains secteurs de la Métropole, en particulier sur ceux où les prix médians sont en dessous de 3.000 euros le m2. Dans le quartier Capeyran de Mérignac ou à Lormont, par exemple.