Gironde : « Les chiffres de la délinquance augmentent à Bordeaux, mais elle reste une zone plutôt protégée », estime la préfète

SECURITE Fabienne Buccio, préfète de la Gironde, a insisté sur le phénomène des mineurs non accompagnés, manipulés par des réseaux, lors de ses vœux ce mercredi aux forces de sécurité

Elsa Provenzano

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L'hôtel de police de Bordeaux. Illustration
L'hôtel de police de Bordeaux. Illustration —
  • La préfète de la Gironde a présenté ce mercredi les chiffres de la délinquance lors de ses vœux aux forces de sécurité.
  • La délinquance générale est en augmentation sur le département et la préfète a relié cette hausse à l’arrivée de mineurs non accompagnés se déclarant étrangers.
  • Une cellule d’enquête spécifique a été créée en septembre 2019 et travaille avec les consulats des pays concernés.

Si le nombre d’homicides a baissé en 2019 en Gironde (20 contre 24 en 2018), comme celui des vols à mains armés (152 faits en 2019 contre 167 en 2018), il y a une augmentation marquée de la délinquance générale en Gironde, aussi bien pour les atteintes volontaires à l’intégrité physique (+ 9,1 %) que pour les atteintes aux biens (+8,3 %), a relevé la préfète.

« Les chiffres de la délinquance augmentent à Bordeaux mais elle reste une zone plutôt protégée, a tenu à nuancer Fabienne Buccio, ce mercredi, lors de ses vœux aux forces de sécurité. Et nous devons agir justement tant que nous avons cette délinquance maîtrisée et contenue. » Concernant l’augmentation du nombre de vols, elle identifie deux phénomènes. D’abord celui « d’équipes mobiles qui se déplacent d’un département à l’autre » pour commettre des cambriolages de domiciles (en hausse de 20 % en 2019). « On a obtenu de très bons résultats en la matière », assure-t-elle.

Une cellule d’enquête sur les mineurs non accompagnés

D’autres vols ou agressions sont reliés par la préfète à « l’arrivée dans nos territoires de mineurs non accompagnés (MNA) violents ». Ces jeunes sont souvent davantage des jeunes majeurs que des mineurs mais qui se déclarent mineurs pour bénéficier du système de protection correspondant. « Et, cela relève pour eux d’une dramatique histoire humaine parce qu’ils sont sous l’emprise de réseaux et aussi de drogues », pointe Fabienne Buccio.

Une cellule d’enquête spécifique a été créée en septembre 2019 et qui permet des échanges entre les autorités judiciaires, policières et les consulats des pays concernés « pour pouvoir les présenter à l’autorité judiciaire avec les dossiers les plus complets possible », précise la préfète.

En quatre mois et demi d’activité, cette cellule a conduit à l’incarcération de 33 mineurs non accompagnés pour des faits de vols avec violence, cambriolages ou violations de domicile. « On a pu prouver la majorité de plusieurs d’entre eux et procéder à des reconductions au pays, ajoute Fabienne Buccio. Ce sont des gamins en déshérence personnelle mais ils sont aussi extrêmement dangereux, il faut qu’on les arrête, qu’on les traite et qu’ils soient repris en main ailleurs et notamment dans leurs pays d’origine. »

En 2019, les mineurs non accompagnés se déclarant d’origine étrangère représentent 35 % de l’ensemble des mineurs mis en cause en Gironde.