Un toit pour aller au-delà de l'urgence

Julie Millet - ©2008 20 minutes

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Mieux accueillir les plus démunis pendant l'hiver pour les sortir de la rue. C'est l'objectif des collectivités locales et des associations cette année, dans le cadre du plan grand froid, qui a débuté samedi dans toute la France. Un effort supplémentaire a été fait dans le département pour créer 126 places supplémentaires, dont 32 en cas de baisse notable des températures. Au total, 1 469 places d'urgence sont disponibles. Ce dispositif est complété par le financement de nuits d'hôtels (8 440 nuitées en 2007). Pourtant, à Bordeaux, le problème n'est pas vraiment la quantité des places disponibles, mais leur qualité. Les grands dortoirs de 150 lits, où il faut quitter les lieux à 7 h du matin, provoquent un sentiment d'insécurité et ne sont pas adaptés aux nouvelles populations.

« Depuis deux ans, nous voyons de plus en plus de travailleurs pauvres. Actuellement, ils constituent 50 % des personnes accueillies au centre Mamré », explique Philippe Rix, directeur de Diaconat, association membre de l'Entraide protestante qui gère ce centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) flambant neuf. Ce foyer de trente-quatre chambres individuelles, ouvert toute l'année, permet un accompagnement dans la durée. Les sans-abri, orientés par le 115, s'engagent dans un projet de logement ou de santé. A l'issue des trois mois de séjour, 60 % des pensionnaires quittent les lieux avec une solution de logement durable. Pour tous ceux qui sont dans l'urgence, appeler le 115 reste le premier pas.