« Gilets jaunes » à Bordeaux : Le policier de la BAC suspecté d’avoir visé un homme à la tête a été mis en examen

JUSTICE Le fonctionnaire de police a été mis en examen ce lundi pour violences volontaires

20 Minutes avec AFP

— 

Olivier Béziade avait été sérieusement blessé à la tête alors qu'il participait à une manifestation de gilets jaunes.
Olivier Béziade avait été sérieusement blessé à la tête alors qu'il participait à une manifestation de gilets jaunes. — MEHDI FEDOUACH / AFP
  • Le policier de la BAC soupçonné d’avoir visé un manifestant à la tête lors d’une mobilisation des « gilets jaunes » en janvier 2019 a été mis en examen pour violences volontaires.
  • La victime, un père de famille, était restée quelques jours dans le coma après une hémorragie cérébrale, et porte aujourd’hui encore d’importantes séquelles.
  • L’avocat du policier met en avant que son client est un « fonctionnaire exemplaire, remarquablement noté »

La blessure à la tête d’Olivier Béziade, pompier volontaire, avait suscité une grande émotion en janvier dernier à Bordeaux, alors que le mouvement des « gilets jaunes » battait son plein à Bordeaux. Un policier a été mis en examen ce lundi à Bordeaux dans le cadre de l’information judiciaire ouverte après la grave blessure à la tête subie par un Girondin lors d’une manifestation des « gilets jaunes » en janvier dernier, a-t-on appris mercredi auprès de son avocat.

Le fonctionnaire de police est mis en examen pour violences volontaires avec arme ayant entraîné une interruption de travail (ITT) de plus de huit jours, par dépositaire de l’autorité publique, a indiqué Me Laurent-Franck Liénard, confirmant une information du quotidien Sud-Ouest.

D’importantes séquelles pour la victime

Ce membre de la Brigade anticriminalité (BAC) est soupçonné d’avoir effectué un tir de LBD qui a atteint à la tête Olivier Béziade, un pompier volontaire originaire de Bazas (Gironde) qui manifestait avec les gilets jaunes, le 12 janvier, dans le centre de Bordeaux.

La scène avait été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux et l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) avait été rapidement saisie par la préfecture et le parquet. La victime, père de trois enfants, était restée quelques jours dans le coma après une hémorragie cérébrale, et porte aujourd’hui encore d’importantes séquelles.

L’agent de police, toujours en fonction, « est extrêmement affecté par les conséquences de ce tir », a expliqué son avocat. « Jamais il n’a voulu faire de mal, assure-t-il. Il reconnaît son tir et sa responsabilité mais il ne comprend pas comment il a pu toucher la tête. Il visait le torse ».

Cet homme, « formé et habilité » au maniement du LBD, est un « fonctionnaire exemplaire, remarquablement noté », a ajouté Me Liénard. « Ce n’est clairement pas un cow-boy, pas un violent ». Selon l’avocat, il est nécessaire de mener des expertises balistiques pour voir si le tir à la tête ne serait pas dû à une « défaillance du matériel », arme ou munition.