Bordeaux : Fière d’être une ville de glisse, la ville adopte la manière douce pour encadrer la pratique du skate

URBANISME Lors du conseil municipal de ce mercredi, une délibération sur les aménagements urbains autour de la pratique du skate va être présentée

Elsa Provenzano

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Un skateur au quai des Charrons. Illustration.
Un skateur au quai des Charrons. Illustration. — SEBASTIEN ORTOLA
  • La ville de Bordeaux est très prisée des skateurs et la municipalité fait le choix de la concertation pour orienter la pratique et la diluer dans les différents quartiers.
  • De nouveaux aménagements vont être proposés ce mercredi lors d’une délibération du conseil municipal.
  • Ils ont été élaborés en lien avec des professionnels du skate et visent à améliorer la cohabitation avec les autres usagers de l’espace public.

Le skate est promis à un bel avenir à Bordeaux. Cette pratique, à la fois sport et mode de déplacement doux, donne une image jeune et branchée de la ville et la majorité municipale l’a bien compris.

« C’est une pratique très liée aux photos et vidéos qui mettent en avant le patrimoine urbain », souligne Léo Valls, skateur professionnel bordelais investi dans le travail de médiation lancée par la ville de Bordeaux. Une délibération sur de nouvelles actions pour encadrer le développement de la pratique sera présentée ce mercredi lors du conseil municipal.

Diminuer les conflits avec les riverains

Amie des skateurs, la ville ne veut cependant pas minimiser les nuisances possibles de la pratique : « quand le skate fait "splatch" à la réception dans une rue étroite cela fait beaucoup de bruit, reconnaît Arielle Piazza, adjointe au maire chargée du sport. On veut aller vers de justes mesures de cohabitation ». Sur plusieurs sites, la pratique n'est déjà autorisée qu'à certains horaires (les mercredis et samedis de 11 h à 20 h) grâce à un travail de médiation réalisé auprès des skateurs et cela donne de bons résultats selon la municipalité.

« On ne règle pas tous les conflits d’usage mais on les diminue, estime Fabien Robert, adjoint au maire en charge de la culture. La situation s’est améliorée sur la place Pey-Berland, et reste plus compliquée à l’arrêt de tram Bergonié ou sur la place de la Comédie ». En tout cas, les riverains mécontents seraient moins nombreux à se manifester auprès de la ville.

Des aménagements urbains sur mesure

Pour ne pas interdire la pratique mais l’orienter et trouver un équilibre, la ville prévoit de dessiner les aménagements urbains avec l’aide de skateurs. A Gambetta par exemple, où les nuisances sont trop importantes, on réfléchit à un mobilier urbain qui décourage la pratique, et à Pey-Berland, on cherche le moyen de « casser les prises d’élan » explique Léo Valls.

Et au contraire, sur d’autres sites où l’on souhaite attirer des adeptes de la glisse, on pense les éléments urbains classiques (bancs, tables de pique-nique, cadrans solaires, etc.) pour qu’ils soient faciles à skater et résistants aux assauts des planches. « Le but c’est de créer des aménagements qui ont du sens pour l’ensemble des usagers », insiste Arnaud Dedieu, skateur et fondateur de la société Dédication associée à la médiation. But de l’opération : désengorger certains sites où se concentrent les skateurs en favorisant une meilleure dissémination entre les quartiers.

Ces aménagements urbains complètent  les skate parks existants et le projet d’un nouveau bol, déjà dans les tuyaux. « Le skate park est un lieu d’apprentissage mais l’essence même de la pratique c’est de descendre dans les rues, rappelle Léo Valls. Dans le skate, la star c’est la ville ».