Grève du 5 décembre : La préfecture annonce 20.000 manifestants à Bordeaux, tensions en fin de parcours

SOCIAL La manifestation contre la réforme des retraites a réuni beaucoup de monde à Bordeaux, entre 20.000 personnes selon la préfecture, et 53.000 selon la CGT

Mickaël Bosredon

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Manifestation contre la réforme des retraites du 5 décembre 2019 à Bordeaux
Manifestation contre la réforme des retraites du 5 décembre 2019 à Bordeaux — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Un cortège impressionnant a défilé dans les rues de Bordeaux ce jeudi.
  • Un important dispositif policier avait été déployé afin d’éviter toute intrusion dans l’hypercentre.
  • La situation s’est tendue en fin de parcours aux abords de la place des Quinconces, sans qu’elle ne dégénère pour autant. La préfecture fait état de 31 interpellations.

Une manifestation monstre. La préfecture de la Gironde a avancé le chiffre de 20.000 manifestants à Bordeaux, jeudi. C’est très certainement un minimum. La CGT fait état de son côté de 53.000 personnes. Avocats, dockers, personnel hospitalier ou encore enseignant… Ils étaient en tout cas très nombreux à s’être donné rendez-vous à 11 h place de la République, pour protester contre le projet de réforme de retraites.

Les avocats du barreau de Bordeaux étaient aussi mobilisés
Les avocats du barreau de Bordeaux étaient aussi mobilisés - Mickaël Bosredon/20 Minutes

« La manifestation s'est déroulée dans le calme, indique à 20 Minutes la préfecture de la Gironde ce jeudi soir, même s'il y a eu quelques tensions en fin de parcours. » La préfecture fait état de 31 interpellations, essentiellement pour des dégradations de mobilier urbain, de distributeurs de billets, et des feux de poubelles, autour de la place des Quinconces et de la Victoire. « C'est le fait d'une poignée d'individus à risque qui ont voulu dérouter le cortège pour pénétrer dans le centre-ville, c'est à ce moment qu'il a été fait usage de gaz lacrymogènes de la part des forces de l'ordre », commente la préfecture. Il y a aussi eu « 11 blessés légers côté forces de l'ordre  » assure-t-elle. 

Après s’être dirigé vers la place de la Victoire, le cortège devait redescendre par le cours Victor-Hugo vers les quais, aux alentours de midi. C’est là que la situation a commencé à se tendre.

Les forces de l'ordre se sont positionnées pour empêcher l'accès des manifestants place Pey-Berland
Les forces de l'ordre se sont positionnées pour empêcher l'accès des manifestants place Pey-Berland - Mickaël Bosredon/20 Minutes

Une partie des manifestants, les plus jeunes, ont en effet voulu bifurquer vers la place Pey-Berland, pourtant interdite d’accès. Les forces de l’ordre ont alors pris position pour empêcher les manifestants de passer.

Charges et gaz lacrymogène

On en est finalement resté là. Une heure plus tard, vers 13h30, lorsque le cortège est arrivé place des Quinconces, le terminus du parcours, la situation s’est de nouveau tendue. Plusieurs manifestants ont cherché à investir la place, c’est alors que les forces de l’ordre positionnées autour du site ont chargé une première fois pour disperser la foule. Puis une seconde, avant de finalement reculer. Un face-à-face s’est alors installé entre une poignée de manifestants et les forces de l’ordre aux abords du cours du XXX-Juillet, pendant plus d’une heure. Avant que les tirs de gaz lacrymogène ne finissent par disperser tout le monde.

Des gaz lacrymogènes ont été tirés aux abords des Quinconces pour disperser les manifestants
Des gaz lacrymogènes ont été tirés aux abords des Quinconces pour disperser les manifestants - Mickaël Bosredon/20 Minutes

La préfecture indique par ailleurs qu'il restait ce jeudi soir « environ 300 étudiants à la Victoire, dont 200 positionnés sur la place », sans que la situation lui semble particulièrement préoccupante. 

Une situation calme dans les transports

Du côté des transports, comme annoncé par la SNCF, aucun TER n’a circulé jeudi sur le réseau de Nouvelle-Aquitaine. Et seulement trois TGV en direction de Paris sont partis de la gare Saint-Jean. Le premier d’entre eux, celui de 7h34, est d’ailleurs parti quasiment à vide. La gare bordelaise est restée presque déserte tout au long de la journée. « Cela fait quinze jours que l’on parle de cette grève, les voyageurs ont pris leurs dispositions » nous expliquait un des « gilets rouges » déployés sur place.

Pour ce vendredi, la SNCF annonce 4 TER sur 10, dont trois allers-retours Bordeaux-Arcachon et deux allers-retours Bordeaux-Agen (292 autocars de substitution seront répartis sur l’ensemble du territoire), et seulement trois allers-retours TGV Bordeaux-Paris. Un aller-retour Ouigo Bordeaux-Paris est aussi programmé, ainsi qu'un aller-retour La Rochelle-Paris et un aller-retour Toulouse-Paris. Un Intercités Brive-Paris est aussi programmé.

Dans les transports urbains de Bordeaux Métropole, Keolis nous a annoncé un « retour à la normale » dès aujourd’hui. Jeudi, quelque 60 % des conducteurs ont suivi la grève, occasionnant un plan de transport particulier, avec un tram toutes les quinze minutes. Les rames étaient toutefois loin d’être bondées, même en heure de pointe.