Bordeaux : « Aujourd’hui, le stade Matmut Atlantique est utile et les gens se l’approprient »

INTERVIEW Malgré un déficit encore important, le Matmut Atlantique a réalisé sa meilleure année en 2019 et Christophe Pierrel, patron de la SBA, tente comme il peut d'en redorer l’image

Propos recueillis par Clément Carpentier

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Christophe Pierrel, le nouveau président de SBA.
Christophe Pierrel, le nouveau président de SBA. — Clément Carpentier / 20 Minutes
  • Le patron de SBA, la société gestionnaire du Matmut Atlantique, revient sur une année très chargée.
  • Les comptes ne seront toujours pas à l’équilibre à la fin de l’année mais le déficit devrait encore être en baisse par rapport à 2018.
  • Face aux critiques, Christophe Pierrel joue la carte de la positive attitude et veut redorer l’image du stade bordelais.

Nicolas Florian, le maire de Bordeaux et Christophe Pierrel, le président de SBA (société gestionnaire du Matmut Atlantique) ont le sourire. Pourtant, ils parlent bien de l’enceinte bordelaise. Ce stade si souvent critiqué depuis 2015 en raison de ses résultats financiers déficitaires et d’un club locataire qui est très loin de le remplir tous les 15 jours.

Mais les deux hommes sont là pour présenter des beaux et surtout bons chiffres. Les 210 millions d’euros de retombées économiques sur le territoire de la métropole depuis son inauguration. L’occasion pour Christophe Pierrel de revenir avec 20 Minutes sur cette année 2019 extrêmement chargée.

Quel bilan faites-vous de cette année 2019 ?

C’est un très bon bilan. On a eu deux grands concerts internationaux (Ed Sheeran et Muse), les demi-finales du Top 14 ou encore l’équipe de France de football féminin. On ne peut qu’être contents et surtout enthousiastes pour la suite. Il a fallu du temps mais aujourd’hui tout le monde sait qu’on peut organiser ce genre d’événements.

Est-ce que vous vous approchez de l’équilibre financier ?

L’année 2019 a été meilleure que celle de 2018 qui avait été meilleure que celle de 2017… Ça veut qu’on est sur le bon chemin après vous dire qu’on sera à l’équilibre un jour, la question est plus compliquée. Une chose est sûre, ce stade a généré presque autant de retombées économiques en cinq ans (210 millions d’euros) que le coût de sa construction (220 millions d’euros). Aujourd’hui, c’est un outil implanté et utile. Essayons d’être positif !

L’objectif, c’est toujours de faire plus de grands événements ?

Je vais être franc avec vous, plus les Girondins gagnent et jouent des matchs supplémentaires, plus SBA perd de l’argent. Pourquoi ? Parce que je peux moins organiser de séminaires, de conventions, de concerts ou d’activités commerciales. Après bien sûr que je souhaite que le club soit au top.

Il y a d’autres moyens pour faire plus de recettes ou plus d’économies ?

On peut toujours faire mieux. En 2020, on pourrait rediscuter de certaines choses comme de l’entretien de la pelouse. Aujourd’hui, les exigences sont beaucoup élevées qu’en 2015. Les Girondins pourraient participer à ces nouveaux frais. On va aussi revoir l’Union Bordeaux-Bègles (le club est passé de trois à un match par saison au Matmut Atlantique).

Justement, changer l’image de ce stade, c’est votre plus grand défi ?

Je pense qu’il n’a pas été assumé au départ. On lui a trouvé tous les défauts du monde avant de regarder les points positifs. Ça m’agace parfois. Aujourd’hui, ce stade est utile et les gens se l’approprient ! Quand les choses vont bien, on ne le dit pas. Par exemple sur les grands événements, il n’y a pas eu de problème de transport, eh bien personne n’en a parlé. Essayons d’être positif…

Pour l’accessibilité, existe-t-il toujours un projet de passerelle ?

Parfois, ça peut passer par des choses simples. Pas besoin de faire des travaux qui coûtent des millions. Moi, j’ai surtout proposé de faire un arrêt temporaire (les jours de match) sur l’avenue de la Jallère tout au bout où les tramways font demi-tour. Ça éviterait de couper les flux de circulation avec des piétons toutes les dix secondes et tout le monde serait en sécurité. C’est sur la table.