Bordeaux : « J’accuse », le film de Polanski, déprogrammé mardi à l’Utopia après la mobilisation d’un collectif féministe

POLEMIQUE Ce mardi soir, la projection de « J’accuse », le dernier film de Roman Polanski a été annulée devant la mobilisation d’un collectif féministe devant le cinéma indépendant Utopia.

E.P.

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Le collectif collages féminicides Bordeaux a fait annuler la projection ce mardi soir du film de Roman Polanski à l'Utopia de Bordeaux.
Le collectif collages féminicides Bordeaux a fait annuler la projection ce mardi soir du film de Roman Polanski à l'Utopia de Bordeaux. — E.Provenzano / 20 Minutes

Mardi soir, plusieurs dizaines de militantes du collectif Collages féminicides Bordeaux ont bloqué l’entrée du cinéma Utopia à Bordeaux qui programmait à 20h « J’accuse », le dernier film de Roman Polanski.

Le cinéaste a notamment été dénoncé récemment pour des faits prescrits de viol par la photographe Valentine Monnier. Les militantes ont mené une action en brandissant des pancartes « Cinéma coupable, spectateurs complices », reprochant au cinéma indépendant d’avoir programmé le film.

Une déprogrammation totale « inimaginable »

« On a accepté de ne pas projeter le film, raconte Patrick Troudet, directeur de l’Utopia, regrettant que l’action du collectif ait découragé également des spectateurs qui se rendaient à d’autres séances. Mais il est inimaginable qu’on envisage une déprogrammation totale sous pression ».

La direction du cinéma ne s’est pas posé la question de ne pas programmer le film de Roman Polanski. « Il y a une déchirure entre ce qu’est le film et puis ce qu’a fait Polanski à un moment de sa vie, mais le film n’est pas porteur de ces pulsions », estime Patrick Troudet. Il parle d’un « grand film » et du choix ouvert, et jugé légitime, laissé aux spectateurs de ne pas aller le voir.

Beaucoup d’autres séances sont programmées dans ce cinéma d’art et d’essai, mais aussi dans les autres salles de la ville. « Si c’était une action symbolique, une fois, je dirais que c’est de bonne guerre », commente le directeur de l’Utopia. On ignore si le collectif a prévu de réitérer ce type d’actions.