Bordeaux : Les policiers ne patrouilleront plus sur la Garonne, une pétition a été lancée pour sauver la brigade nautique

SECURITE Depuis le 1er novembre, la brigade nautique de Bordeaux n’existe plus. Les huit policiers de cette brigade ont été réaffectés. La sénatrice de la Gironde Nathalie Delattre vient d’écrire au ministre de l’Intérieur pour s’émouvoir de cette suppression.

Elsa Provenzano

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La brigade nautique avait été lancée après une série de noyades de jeunes hommes dans la Garonne.Photo : Sebastien Ortola
La brigade nautique avait été lancée après une série de noyades de jeunes hommes dans la Garonne.Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES
  • Une pétition a été lancée en ligne pour sauver la brigade nautique de Bordeaux, supprimée depuis le 1er novembre. Les effectifs ont été réaffectés à terre.
  • Créée en 2013 après une série de noyades, l’unité se serait depuis portée au secours de plus d’une quarantaine de personnes.
  • La sénatrice de Gironde Nathalie Delattre a écrit au ministre de l’Intérieur pour déplorer la disparition de ce dispositif de sécurité sur le fleuve.

Il n'y aura plus de patrouilles policières sur le fleuve. Après une série de noyades de jeunes hommes dans la Garonne qui avaient endeuillé la capitale girondine, une brigade nautique forte de huit policiers au total avait été mise en place en 2013 à Bordeaux.

Elle a été supprimée depuis le 1er novembre par la direction départementale de la sécurité publique (DDSP), pour réaffecter les effectifs policiers à terre, notamment vers une brigade VTT, estimant que le secours aux personnes relève plutôt de la mission des pompiers.

Une pétition a été mise en ligne pour sauver cette brigade nautique et a déjà recueilli près de 300 signatures. Nathalie Delattre, sénatrice de la Gironde (UDI), a de son côté écrit au ministre de l’Intérieur Christophe Castaner pour s’émouvoir de ce « mauvais choix ».

Plus d'une quarantaine de personnes sauvées de la noyade

Selon le lanceur de la pétition, cette unité spéciale aurait permis, depuis sa création, de sauver plus d'une quarantaine de personnes de la noyade mais également de se porter au secours de navires en détresse. La Garonne est réputée être l’un des fleuves les plus dangereux d’Europe, notamment à cause de la puissance de ses courants.

« C’est un dispositif qui permettait d’intervenir très rapidement et il y avait des interventions quasiment tous les jours à cause d’incivilités en bord de Garonne, pointe Nathalie Delattre. Et ce n’était pas du luxe quand on sait que certains passent encore par-dessus les barrières et se retrouvent sur les berges ».

Cette décision correspond à une décision du ministre de l’Intérieur de remettre en place une police de proximité. « Mais c’était une autre forme de proximité cette brigade, elle intervenait sur l’axe du Lac par exemple, c’est un choix malheureux », réagit la sénatrice de Gironde.

A l’heure où les élus tentent de développer l’activité sur la Garonne et les liens entre les deux rives, ce qui se traduit par une multiplication des événements au bord du fleuve et la venue de plus en plus d’embarcations, la sénatrice pointe l'incohérence de cette décision.

Contactés par 20 Minutes, la préfecture de la Gironde et la DDSP n’ont pas souhaité s’exprimer sur ce dossier.