Bordeaux : Vos enfants bloquent sur les écrans ? Voici Dipongo, l’appli créative qui tente de les faire décrocher (un peu)

TECHNOLOGIES La start-up bordelaise Dipongo, créée il y a deux ans, a lancé une application de jeux créatifs pour les enfants qui a pour particularité d’inciter les joueurs à quitter l’écran pour trouver des solutions

Elsa Provenzano

— 

La start-up veut développer la créativité des enfants à partir de quatre ans, autour d'histoires.
La start-up veut développer la créativité des enfants à partir de quatre ans, autour d'histoires. — Dipongo
  • La start-up bordelaise Dipongo part au CES de Las Vegas du 7 au 10 janvier 2020 pour présenter son application qui mêle histoires virtuelles et activités réelles.
  • Les enfants à partir de quatre ans sont mis à contribution, en dehors de la tablette, pour trouver des solutions qui feront avancer l’histoire.

Constatant que les écrans, de plus en plus présents dans la vie des enfants, brident leur créativité, Marion Péret et Emmanuelle Gras, cofondatrices de la start-up bordelaise Dipongo, ont voulu proposer un jeu créatif différent, destinés aux enfants à partir de quatre ans. Celui-ci mêle une histoire sur tablette mettant en scène Edgar le renard avec des activités que l’enfant va devoir réaliser en dehors de la tablette pour faire avancer la narration.

Deux ans après son lancement, Dipongo présentera le prototype de sa nouvelle application (déjà traduite en anglais) avec reconnaissance vocale au CES de Las Vegas, salon mondial de l’innovation, du 7 au 10 janvier 2020.

Des solutions à trouver en dehors de la tablette…

Si les écrans à haute dose abrutissent les enfants, Marion Péret estime que c’est aussi un « super média qui peut inciter à rêver ». Dipongo propose sur smartphone et tablette une trentaine d’histoires « corédigées avec des professionnels de la créativité (des chercheurs en neurosciences, des sophrologues etc.), souligne-t-elle. Les mots, les couleurs et les illustrations ne sont pas choisis au hasard. » De nouvelles aventures viennent enrichir l’application, commercialisée depuis cet été, tous les deux mois.

« L’histoire va s’arrêter, par exemple parce qu’Edgar le renard rencontre un problème : il est face à un ravin et veut retrouver ses amis les oiseaux de l’autre côté et on va demander à l’enfant de trouver une solution, explique Marion Péret. Il va alors quitter l’écran pour dessiner un pont, fabriquer des ailes en pâte à modeler, ou construire un avion en papier. Il va prendre en photo sa création et l’histoire va continuer sur la tablette, en fonction de sa solution. »

…Avec l’aide d’un adulte

Lors de la première histoire, l’enfant passe à peu près autant de temps sur l’écran qu’en dehors. Et, à entendre la cofondatrice de Dipongo, les incitations à sortir de l’écran pour créer sont de plus en plus fortes au fur et à mesure des différents contes. Notamment parce qu’à la fin de l’aventure, il peut découvrir les autres solutions réelles imaginées par les enfants, ce qui stimule sa créativité. « Il n’y a pas de mauvaise solution dans Dipongo, explique Marion Péret, même les idées les plus farfelues peuvent donner lieu à une suite de l’histoire. »

Dipongo présente son application comme un livre animé plutôt qu'un jeu vidéo et insiste sur la présence d’un adulte avec l’enfant. « Il a besoin de son parent pour prendre la photo et cela nous tient à cœur, qu’à quatre ans, l’enfant ne soit pas seul devant sa tablette », précise la cofondatrice.

Au CES de Las Vegas, Dipongo espère séduire le marché d’Amérique du nord et rencontrer des investisseurs pour sa prochaine levée de fonds afin que l’histoire continue…