Bordeaux : Armement de la police municipale, drone de surveillance… Les pistes du maire Nicolas Florian pour améliorer la sécurité

SECURITE En marge d’un bilan sur le «quartier de reconquête républicaine» de Bordeaux-Maritime, Nicolas Florian a lancé plusieurs pistes pour améliorer la sécurité dans la ville

Mickaël Bosredon

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Des policiers municipaux dans les rues de Bordeaux. Illustration.
Des policiers municipaux dans les rues de Bordeaux. Illustration. — S. ORTOLA / 20 MINUTES
  • Le maire de Bordeaux sollicitera le conseil municipal avant la fin de l’année sur la question de l’armement de la police municipale.
  • Il a aussi annoncé la création d’une brigade canine.
  • Il réfléchit avec la police nationale à la possibilité de faire tourner un drone de surveillance, en complément des caméras de vidéosurveillance.

Près de dix-huit mois après la création du quartier de reconquête républicaine (QRR) de Bordeaux-Maritime (Bacalan, Les Aubiers, Bassins à Flot), un premier bilan a été tiré ce mercredi. Le maire de Bordeaux Nicolas Florian (LR) en a profité pour lancer une série de pistes de réflexion pour améliorer la sécurité à Bordeaux, en se basant sur les actions mises en place dans ce quartier.

« Je mesure que l’on ne peut pas copier-coller ce dispositif de quartier de reconquête républicaine dans d’autres quartiers, mais je ne laisserai pas la ville sombrer dans une insécurité et une incivilité quotidienne », a lancé le maire. Il considère qu’aujourd’hui « nous sommes presque à une bascule et grâce à ce genre de dispositif, on doit empêcher que la situation dégénère. Il faut de l’autorité, de la fermeté, et nous allons déployer des nouveaux moyens, ainsi qu’une façon de travailler ensemble, dans d’autres quartiers où les choses se dégradent. »

« Mes agents sont sur le terrain, et parfois un peu dénudés »

Parmi ces mesures, Nicolas Florian a annoncé qu’il a demandé à son adjoint à la vie urbaine Jean-Louis David de lui remettre un rapport « avant la fin de l’année sur l’armement de la police municipale. » « Il va regarder ce qui se fait ailleurs, va prendre contact avec l’Etat, pour remettre des propositions, et je saisirai le conseil municipal pour prendre une décision sur l’armement – avec des armes létales – ou non de la police municipale. Est-ce que ce sera dans la globalité, ou juste par brigades ? On verra. »

Citant les quartiers de Saint-Michel et de Grand-Parc comme endroits « où la situation se dégrade », le maire estime qu’il ne peut laisser ses agents de police municipale « sans sécurité ». « Mes agents sont sur le terrain, et parfois un peu dénudés. On les a équipés : caméras, taser… Mais ce n’est plus suffisant aujourd’hui. »

Le débat sur l'armement de la police municipale devrait animer la campagne des élections municipales, puisque le candidat LREM Thomas Cazenave avait lui aussi soulevé cette piste il y a quelques jours. 

Le dispositif de « rappel à l’ordre » visant les parents

Le dispositif de « rappel à l’ordre », va par ailleurs être mis en place à Bordeaux. « C’est le maire de la ville qui s’engage quasiment physiquement et qui convoque les parents de jeunes adultes qui sont à la frontière de basculer dans la délinquance, détaille Nicolas Florian. On va mettre ce dispositif à Bordeaux, je m’y impliquerai et je déléguerai à un certain nombre d’adjoints, là où c’est nécessaire. Il ne s’agit pas de se substituer à l’autorité parentale, mais de faire un peu de pédagogie. Mais derrière il peut y avoir sanction : travaux d’intérêt général, expulsion locative… »

« Un autre dispositif que l’on va amplifier, a poursuivi le maire, c’est l’accès direct de la police nationale au système de vidéosurveillance que nous avons à la ville. Quand on installe une caméra de vidéosurveillance sur des points chauds, ça gêne. Ça gêne tellement qu’aux Aubiers, une caméra installée sur un coin de trafic de stupéfiants, a été détruite en quelques heures. Et si la dégradation est systématique, bien sûr on remplacera, mais on trouvera d’autres moyens. On se dotera peut-être d’un drone, qui sera mobile, et qui pourra filmer à la place des caméras. »

Bientôt 150 caméras de vidéosurveillance

Par ailleurs, la ville va « amplifier le recrutement d’agents de police municipale, avec une vingtaine de postes à pourvoir, afin d’avoir une plus grande complémentarité avec la police nationale. » Autre mesure, « nous allons créer une brigade canine, très rapidement. »

Enfin, la ville de Bordeaux va passer de 120 caméras de vidéosurveillance à 150. « Et si ça ne suffit pas on en mettra 200. »