Bordeaux : Des premiers coups portés contre les rodéos urbains et les trafics de stups dans le « quartier de reconquête républicaine »

SECURITE Police et mairie ont dressé ce mercredi un premier bilan de 18 mois d’actions au sein du quartier Bordeaux-Maritime

Mickaël Bosredon

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Le quartier Bacalan à Bordeaux.
Le quartier Bacalan à Bordeaux. — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Bordeaux-Maritime, qui va de Bacalan aux Aubiers, fait partie de la trentaine de « quartiers de reconquête républicaine » lancés en février 2018.
  • Les premiers chiffres sortent au compte-gouttes, mais montrent une amélioration de la situation.
  • Les autorités se félicitent notamment de coups portés contre le trafic de stupéfiants, et d’aménagements urbains décidés pour contrer les rodéos urbains.

Créés en février 2018, les QRR (Quartiers de reconquête républicaine) visent à expérimenter de nouvelles méthodes pour résoudre les problèmes de sécurité du quotidien. Parmi la trentaine de quartiers créés, figure  Bordeaux-Maritime (Bacalan, Les Aubiers, Bassins à flot), pour lequel les autorités se sont félicitées ce mercredi des « actions menées » et des « résultats obtenus » en un peu moins de 18 mois.

Pas facile pour autant d’obtenir des chiffres sur ces résultats. « Vous trouverez toujours un habitant qui vient juste d’être cambriolé pour vous dire que les chiffres, ça ne l’intéresse pas, s’agace le directeur départemental de la sécurité publique. Sur ces sujets-là, les chiffres, ça ne veut rien dire. » Patrick Mairesse a tout de même fini par lâcher que « la part de ce QRR sur l’ensemble de la délinquance dans l’agglomération est passée de 15 % à 10 %, et les infractions révélées par l’action des services (notamment les trafics de stupéfiants) sur le QRR va augmenter de 60 % en 2019. »

Des habitants partagés

Interrogés par 20 Minutes, des habitants du quartier Bacalan se montrent partagés sur la question. « La situation est catastrophique, tranche Pascal. Ici, il y a des bandes qui squattent les immeubles, qui garent leurs bagnoles n’importe comment, et il ne faut surtout rien dire, même pas les regarder. Ils cassent des vitres, planquent de la drogue dans des petites cachettes, et on a beau le dire, il ne se passe rien. »

Une habitante du boulevard Brandenburg est plus nuancée, et assure que depuis 20 ans qu’elle habite dans le quartier, « il n’y a pas plus de problèmes d’insécurité que ça, hormis des rodéos de temps en temps. » Un autre habitant souligne que « le quartier a beaucoup évolué et s’améliore quand même » et que la situation peut-être très différente « selon que des rues ont été réhabilitées ou pas », si bien qu’à certains endroits « c’est l’anarchie, et des fois une rue après tout est tranquille. »

Des groupes de travail pour résoudre les problèmes de petite délinquance

« Il y a eu des résultats mais ça ne suffit pas, convient la préfète Fabienne Buccio, il y a encore des problèmes et il faut qu’on continue. On va mener des actions pour "améliorer le sentiment d’insécurité" (sic). »

Si le QRR a permis d’augmenter d’une quinzaine d’agents les effectifs de la police, les autorités attendent beaucoup de nouvelles organisations, comme les GPO, groupes de travail opérationnels, qui permettent de réunir des habitants et des policiers pour tenter de résoudre un problème. C’est ce qui a été fait à Bacalan concernant le problème des rodéos urbains qui ont lieu notamment avenue de Labarde. Après la mise en place de potelets, il a été décidé une série d’aménagements urbains pour « casser la vitesse » des engins motorisés.

« Nous avons aussi des difficultés sur les phénomènes de bandes qui s’approprient des territoires, ajoute le maire Nicolas Florian. Quand, aux alentours du Lidl dans le quartier Chantecrit, il y avait une bande qui indisposait – le mot est faible – les salariés du magasin, une action a été menée, et maintenant c’est terminé. »

Les marchands de sommeil qui abritent des trafiquants dans le viseur

« Les GPO servent à cela, aux affaires où on peut trouver des solutions entre nous, et ça, ce ne sont pas des chiffres, poursuit la préfète. L’essentiel, c’est de régler les situations difficiles que les gens vivent. Il y avait le Lidl, il y a les rodéos, on ne laisse aucune zone d’ombre. »

Parallèlement, des premiers résultats commencent à être obtenus sur la problématique du trafic de stupéfiants. « Il y a des enquêtes judiciaires lancées sur ces trafics, et toute une filière est en train d’être démantelée », assure Nicolas Florian. Le maire souligne aussi qu’une « procédure d’expulsion d’un locataire, aujourd’hui sous les écrous, a eu lieu car il abritait des trafiquants de stupéfiants avec armes lourdes. » Et l’élu de promettre que « l’on va s’intéresser à ces marchands de sommeil qui abritent des trafiquants ».