Attaque de la mosquée de Bayonne : Le suspect affirme avoir voulu « venger la destruction de la cathédrale de Paris »

ENQUETE Claude S., interpellé lundi après-midi après l’attaque de la mosquée de Bayonne, est persuadé que l’incendie de Notre-Dame a été provoqué par des membres de la communauté musulmane

Mickaël Bosredon

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Une voiture de police devant la mosquée de Bayonne, le 29 octobre 2019.
Une voiture de police devant la mosquée de Bayonne, le 29 octobre 2019. — Iroz Gaizka / AFP

Le procureur de la République de Bayonne, Marc Mariée, a tenu une conférence de presse ce mardi, revenant longuement sur les circonstances de l’attaque contre la mosquée de Bayonne, lundi après-midi, et qui a fait deux blessés graves.

On apprend que le suspect, Claude S., a avoué l’incendie de la porte d’entrée de la mosquée et d’un véhicule à proximité. « Mais il conteste avoir eu la volonté de tuer quiconque. Il explique son geste par sa volonté de venger la destruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, en affirmant que l’incendie de cet édifice a été provoqué par des membres de la communauté musulmane. L’ensemble de son audition interroge sur son état de santé psychique, de sorte qu’il est actuellement présenté devant un médecin psychiatre afin d’être éclairé sur sa responsabilité pénale. »

Il tire sur une première victime qui était assise sur une chaise

On apprend également que lors de l’interpellation du suspect, lundi vers 15h30 devant son domicile, celui-ci « s’est emparé d’un revolver » et a tenu en joue les policiers. « Claude S. a ainsi été interpellé en possession de son revolver, dont le barillet contenait cinq cartouches, dont trois étaient percutées. » Les policiers ont mis dix-neuf minutes pour l’arrêter, a poursuivi le procureur.

Les différents témoignages, ainsi que l’exploitation de la vidéosurveillance de la mosquée, ont permis de retracer le déroulement de l’attaque de la mosquée. « Arrivé à bord de son véhicule, Claude S. était abordé par un témoin qu’il mettait en fuite en le pointant avec son revolver, explique le procureur. Il entreprenait ensuite d’incendier la porte principale de la mosquée, laquelle était fermée après avoir pris le soin de déverser préalablement de l’essence. Après avoir déplacé son véhicule, il revenait à pied et tirait sur une première victime, qui était assise sur une chaise à l’extérieur de la mosquée. Elle était atteinte au thorax. »

Il a incendié un véhicule alors que la deuxième victime se trouvait à l’intérieur

La seconde victime, qui arrivait dans le même temps dans son véhicule, assistait à la scène et tentait de s’extirper de la zone. « Elle aurait été rattrapée par Claude S., qui aurait tiré par la vitre de la voiture, occasionnant des blessures au niveau des cervicales du conducteur. Le véhicule aurait terminé sa course contre le côté de la mosquée, le mis en cause se serait porté à la hauteur de celui-ci, l’aurait aspergé d’essence avant d’y mettre le feu, et ce, alors que la victime était toujours à l’intérieur. Elle a été extirpée du véhicule par un témoin. » Les pronostics vitaux des deux victimes ne sont « pas engagés », a confirmé le procureur.

La perquisition au domicile de Claude S. a permis la découverte d’un lot de munitions diverses : deux grenades à plâtre, une grenade fumigène, un pistolet automatique 9 mm, plusieurs cartouches et une arme d’épaule de type fusil à pompe.