Bordeaux : Le passage des paquebots aux heures de pointe n’amuse plus les automobilistes

CROISIERE Deux passages de paquebots aux heures de pointe, jeudi et vendredi dernier, ont généré des bouchons monstres dans Bordeaux

Mickaël Bosredon

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Paquebot de croisière passant sous le pont Chaban-Delmas, le 13 juin 2017 à Bordeaux
Paquebot de croisière passant sous le pont Chaban-Delmas, le 13 juin 2017 à Bordeaux — M.Bosredon/20Minutes
  • Pour entrer et sortir de Bordeaux, les paquebots doivent passer sous le pont Chaban-Delmas, qui se retrouve alors fermé à la circulation.
  • Privés de cet axe stratégique, les automobilistes se retrouvent souvent coincés sur les quais et jusqu’au pont d’Aquitaine.
  • La députée LREM Dominique David dénonce cette « prise en otage » et demande qu’un « arrangement » soit trouvé avec les croisiéristes pour supprimer les passages de bateaux le jour.

Les deux passages successifs de paquebots en pleines heures de pointe, jeudi et vendredi dernier, ont du mal à passer !  Le pont Chaban-Delmas a dû être levé entre 17h30 et 19h pour laisser passer les mastodontes, générant chaque fois, et notamment vendredi, des bouchons monstres sur les quais, dans le quartier Bacalan et jusqu’au pont d'Aquitaine.

Complètement bloqués, les automobilistes ont eu le temps de réfléchir à cette question : mais pourquoi donc fait-on passer ces paquebots aux heures de pointe ? La députée LREM Dominique David a décidé de se saisir du sujet, dénonçant « une prise d’otages des Bordelais qui rentrent chez eux. »

Il est vrai que le débat sur les mobilités étant particulièrement sensible depuis la rentrée dernière, on est en droit de se demander s’il n’y aurait pas un moyen d’éviter de faire se lever le pont Chaban, qui supprime un axe stratégique de circulation, aux heures où la circulation est la plus dense…

La métropole « fait tout pour limiter la durée de fermeture »

Contactée, la métropole nous répond qu’elle privilégie au maximum les passages de ces bateaux en dehors des heures de pointe. « Les équipes de Bordeaux métropole suivent par ailleurs les indications du port de Bordeaux qui est en contact avec les compagnies, et fait tout pour limiter la durée de fermeture. Bien souvent même, nous rouvrons le pont avant l’horaire prévu. Il y a toutefois un déroulé précis et une procédure stricte. »

Bordeaux Port Atlantique assure de son côté avoir conscience de la gêne occasionnée. « Le mécontentement des usagers, dont les salariés du port font partie ne l’oublions pas, nous est remonté la semaine dernière. » Mais la levée du pont Chaban est tout simplement soumise… aux marées.

« Un paquebot ne peut entrer dans le port de la Lune qu’autour de la marée haute »

« Un paquebot ne peut entrer dans le port de la Lune qu’autour de la marée haute, nous explique ainsi le Bordeaux Port Atlantique. C’est pourquoi c’est toujours l’horaire de la marée qui dicte le moment où le pont doit s’ouvrir (parfois le jour, parfois la nuit). Néanmoins, les services de la métropole, gestionnaire de l’ouvrage, le port de Bordeaux et les pilotes de Gironde planifient autant que possible les fermetures de l’ouvrage en dehors des heures de pointe (action mise en place systématiquement pour les navires très manœuvrant). Les fermetures programmées lors des heures de pointe font l’objet de mesures pour réduire l’impact sur la circulation, tout en maintenant la sécurité nautique. »

Contactée par 20 Minutes, la députée Dominique David estime toutefois que « l’impact de ces manœuvres sur la circulation est beaucoup trop important. Je crois qu’il faut interdire le passage de ces bateaux le jour, le bon sens me faisant penser que des marées, il y en a deux fois, une le jour, une la nuit. Je pense qu’il doit être possible de trouver un arrangement avec les croisiéristes. »

L’élue précise toutefois qu’elle ne souhaite pas que Bordeaux « renonce » aux bateaux de croisière. « Cela représente quatre millions d’euros de chiffre d’affaires annuels pour les commerçants. Mais il faut aussi prendre en compte le coût économique de l’engorgement de Bordeaux. »