Bordeaux : L'appétit pour le véganisme a gagné les commerces de la ville

ALIMENTATION VEGETALE Alors qu’il était difficile pour les végans, il y a quelques années, de trouver des plats adaptés dans les restaurants bordelais, les commerces s’y multiplient depuis deux à trois ans

Elsa Provenzano

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Les plats végan sont aussi plébiscités par les flexitariens. Lancer le diaporama
Les plats végan sont aussi plébiscités par les flexitariens. — Sweet Greens
  • Holidu, moteur de recherche de locations de vacances, vient de publier un classement dans lequel Bordeaux arrive en deuxième position des villes de France qui offrent le plus de restaurants végétaliens par habitant.
  • Depuis trois ans environ, le développement de commerces autour du véganisme, ce mode d’alimentation sans produit animal, s’accélère à Bordeaux.
  • Au-delà des restaurants, traiteur, boutique et marché végans émergent dans la capitale girondine.

« A l’ouverture, la communauté végane s’est ruée dans le restaurant », se souvient Mélissa Astier, gérante de l'établissement végan Munchies, installé dans le quartier de la Victoire à Bordeaux.

Il faut dire qu’à l’époque, en septembre 2016, il n’y avait pas beaucoup de restaurants pour les adeptes d’un régime alimentaire sans aucun produit animal. « On a été les premiers à proposer une partie street-food avec des sandwichs, hot-dogs (avec saucisses véganes), paninis etc. en continu, jusqu’à 16 heures ou 18 heures selon les jours », précise la gérante.

Un engouement pour les commerces végans

Plus de trois ans plus tard, les commerces végan ont fleuri à une assez grande vitesse dans la capitale girondine. Si l'on en croit Holidu, moteur de recherche de locations de vacances, qui vient de publier un classement, Bordeaux arrive en deuxième position des villes de France qui offrent le plus de restaurants végétaliens par habitant.  Selon le site happycow, utilisé par Holidu pour son étude, on compte sept restaurants 100 % végan sur Bordeaux et 27 si on y ajoute les restaurants qui proposent une option végane à leur carte.

Le traiteur Sweet Greens a trouvé son rythme de croisière moins d'un an après son lancement.
Le traiteur Sweet Greens a trouvé son rythme de croisière moins d'un an après son lancement. - Sweet Greens

« On est encore dans une phase d’extension et on réfléchit à recruter car il y a trop à faire », explique Marjorie Zerbib, gérante de Sweet Greens, une société de traiteur végan qui s’est lancée il y a moins d’un an, en janvier 2019, sur toute la Gironde. Mariages, crémaillères, buffets, dîners de gala, séminaires etc. remplissent l’agenda de la jeune entreprise pour laquelle le bouche-à-oreille a vite fonctionné.

En février 2018, « Un jour vert », une boutique bordelaise 100 % végan proposant des cosmétiques, des vêtements, du vrac, de l’alimentaire a ouvert rue de Cheverus. Son gérant, Wilhem, est en plein travaux pour emménager dans un lieu trois fois plus grand pour faire face à la demande. Il y proposera 2.000 références contre 600 dans l’ancienne boutique. « Je suis sollicité tous les jours par des clients qui me demandent la date d’ouverture. Je ne la connais pas encore mais j'espère que ce sera aux alentours de la mi-novembre », explique-t-il.

Pas que pour les végans

Il estime que son commerce permet aux végans de diminuer leurs achats sur Internet « où l’on trouve un peu n’importe quoi », pour se tourner vers des produits avec une plus grande traçabilité. Le week-end, il accueille des clients venus de la grande région, du Pays basque et de la Rochelle par exemple. Ceux qui poussent la porte de sa boutique ne sont pas tous végans, certains viennent pour changer un peu leurs habitudes ou par curiosité.

Le traiteur bordelais Sweet Greens va recruter pour faire face à la demande.
Le traiteur bordelais Sweet Greens va recruter pour faire face à la demande. - Sweet Greens

« Je suis à côté de la Victoire et certains restaurateurs, qui observent une demande, viennent voir ce que je propose dans le but de mettre un plat végan à leur carte », raconte la gérante de Munchies. Dans son restaurant, elle propose aussi un plat du jour qui attire une clientèle du quartier, pas toujours végane mais « flexitarienne » c’est-à-dire soucieuse de diminuer un peu sa consommation de viande. « Au-delà du véganisme, il y a une demande de respect de l’environnement, note la gérante de Sweet Greens. Or nous travaillons dans une démarche zéro déchet et en lien avec des producteurs bio et locaux. »

Si on doutait encore de la vague végane, un green market réunissant de petites entreprises du secteur se tient régulièrement au château des Tours, au Bouscat, depuis plus d’un an. « Il manque encore une boulangerie/pâtisserie, glisse Mélissa Astier. Les végans apprécieraient de manger des viennoiseries ».