Gironde : Le revenu universel d’activité, « un outil de lutte contre la pauvreté » selon la secrétaire d’Etat Christelle Dubos

SOCIAL Ce lundi, la secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, Christelle Dubos, a lancé la consultation citoyenne autour du revenu universel d’activité à l’hôtel du département de la Gironde…

Elsa Provenzano

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La secrétaire d'Etat aux Solidarités et à la Santé Christelle Dubos était en Gironde ce lundi.
La secrétaire d'Etat aux Solidarités et à la Santé Christelle Dubos était en Gironde ce lundi. — Bertrand GUAY / AFP
  • La consultation citoyenne en région autour du revenu universel d’activité (RUA) a été lancée officiellement ce lundi à Bordeaux, par la secrétaire d’Etat aux solidarités et à la santé Christelle Dubos.
  • Ce RUA vise à fusionner plusieurs prestations sociales et à rendre le système de protection sociale plus lisible.
  • Le président du Département estime qu’il serait intéressant de tester à la fois ce dispositif et celui du revenu de base sur lequel il a travaillé pendant trois ans avec 17 autres départements.

C’est ce lundi à Bordeaux qu’ont été lancés en région, les ateliers de consultation des citoyens autour du revenu universel d'activité, qui consiste en une fusion de plusieurs prestations.

Le dispositif a été présenté par la secrétaire d'Etat  aux solidarités et à la santé Christelle Dubos comme « un outil de lutte contre la pauvreté » et une innovation de la protection sociale du XXIe siècle. Lancée le 9 octobre, la concertation publique en ligne sur la plateforme du revenu universel d’activité a réuni 36.000 votes et 5.000 contributions. Le gouvernement envisage de présenter un projet de loi courant 2020 pour une mise en place en 2022/2023.

Le département prêt à tester deux modèles

En Gironde, le Département s’était déjà positionné il y a trois ans en faveur de l’expérimentation d’un dispositif rassemblant les allocations et qu'il avait appelé « revenu de base », avant même que ce thème ne soit porté au débat public par Benoît Hamon lors des primaires socialistes. « Nous l’avions fait parce que nous avions le sentiment que la protection sociale arrivait à ses limites, a expliqué Jean-Luc Gleyze, le président (PS) de la collectivité. Et, qu’il fallait impérativement d’autres moyens de répondre à la grande pauvreté et aussi à la question des travailleurs pauvres ».

Lors de la venue de Christelle Dubos, il a exprimé son « regret » que le sujet n’ait pas été débattu à l’assemblée nationale et qu’il n’ait pas pu être expérimenté par les 18 départements au total qui s’étaient portés candidats pour le tester durant deux à trois ans. « En revanche nous sommes toujours demandeurs d’une possibilité d’expérimentation, a-t-il souligné. Pourquoi ne pas tester les deux modèles (le revenu de base et le revenu universel d’activité) qui permettrait au bout de quelque temps de juger des vertus que peuvent avoir l’un ou l’autre ? »

Si la Gironde et le gouvernement partagent le souhait d’intégrer au dispositif les 18-25 ans, particulièrement touchés par la pauvreté, ils ne sont pas d’accord sur les prestations concernées. Le revenu de base que voulait expérimenter conseil départemental consistait en une fusion de la prime d’activité, du revenu de solidarité active (RSA) et il se posait la question d’y intégrer l’allocation logement. Le gouvernement envisage d’y associer l’allocation aux adultes handicapés (AAH), tandis que le Département estime « que ce n’est pas compatible ». En Gironde, 41.792 personnes bénéficient du RSA en 2018 et 28.000 de l’AAH.

Autre différence de taille, au-delà du refus de deux offres d’emploi jugées raisonnables, il y aurait, dans le modèle porté par le gouvernement, une rupture du revenu universel d’activité tandis que le Département envisageait un accompagnement renforcé des bénéficiaires vers la formation et l’emploi.