Bordeaux : Deux écoles prioritaires vont expérimenter le petit-déjeuner gratuit à l’école

NUTRITION Dès cette semaine, le dispositif des petits-déjeuners gratuits va être présenté aux agents, aux professeurs et aux parents des deux écoles bordelaises

Elsa Provenzano
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Illustration d'un enfant qui prend son petit déjeuner
Illustration d'un enfant qui prend son petit déjeuner — POUZET/SIPA
  • Deux écoles de quartiers prioritaires vont tester le petit-déjeuner gratuit, à Bordeaux.
  • La mairie ignore encore combien d’enfants, qui ne prennent pas de collation chez eux, vont être concernés par le dispositif.
  • Un comité de pilotage se réunira en décembre pour évaluer le dispositif.

Du lait, des biscottes à tartiner de confiture et un fruit : ce sera le petit-déjeuner proposé gratuitement aux enfants des écoles maternelles Benauge et Schweitzer (quartier du Grand-Parc), en réseau d’éducation prioritaire, à Bordeaux. La convention entre l’Education nationale et la mairie a été adoptée par le conseil municipal ce lundi. « L’objectif est de permettre aux enfants de ne pas commencer la journée le ventre vide, de rester concentrés pendant toute la matinée et ainsi d’apprendre dans les meilleures conditions », expliquaient le ministre Jean-Michel Blanquer et la secrétaire d'Etat Christelle Dubos lors du lancement dispositif, d’abord testé dans plusieurs académies. 

L’Education nationale donne le financement pour 300 petits-déjeuners quotidiens (à raison d’un euro par petit-déjeuner) à Bordeaux, c’est la raison pour laquelle le dispositif ne concerne, dans un premier temps, que deux établissements. « Il y aura un coût pour la ville mais il n’est pas encore chiffrable parce qu’on ne connaît pas encore de façon précise le nombre d’enfants qui seront concernés par le dispositif », note Fabien Robert, premier adjoint à la mairie de Bordeaux.

Un déséquilibre entre les enfants ?

« Il va concerner toutes les classes des deux écoles, mais on va travailler avec l’équipe enseignante et nos agents afin de voir quelles sont les familles où les enfants prennent un petit-déjeuner et celles où ils n’en prennent pas, précise Emmanuelle Cuny, adjointe au maire chargée de l’éducation et de la restauration collective. Il est important qu’ils ne prennent pas deux petits-déjeuners. »

Ce sont les agents de la Ville qui assureront le déroulé du petit-déjeuner de 8 h 10 à 8 h 30 soit dans le restaurant scolaire soit dans la salle de classe, peut-être avec l’aide de l’équipe enseignante. Sa composition pourrait évoluer en fonction des retours du comité de pilotage qui se réunira dans quatre à six semaines. « On pourrait par exemple rajouter des fruits secs, en restant dans le cadre du plan national nutrition/santé, explique l’adjointe à la restauration collective. On aimerait aussi travailler avec les boulangers de quartier mais pour l’instant on attend de savoir combien d’enfants seront concernés. »

Le comité de pilotage aura aussi pour vocation d’affiner le nombre d’élèves prêts à prendre leur petit-déjeuner à l’école. « S’il n’y a pas 300 enfants effectivement concernés sur ces deux écoles peut être que l’Inspection académique souhaitera déployer le dispositif sur une autre école de la Ville », estime Emmanuelle Cuny.

Le maire Nicolas Florian (LR) s’est montré un peu réservé sur le dispositif, pointant un aspect déséquilibré : « la localisation géographique laisse penser qu’ils [ces enfants] sont dans une situation plus précaire que d’autres, ce qui est une réalité, mais ça ne concerne pas 100 % des enfants scolarisés donc on peut se demander à quel point il y a un clivage entre ceux qui ont un petit-déjeuner et ceux qui n’en ont pas. Je suis partisan de quelque chose de plus généralisé, mais pour ça il faut d’abord expérimenter. »