A Rauzan, c'était la traque au juste prix

Fabienne Cosnay - ©2008 20 minutes

— 

Fini les achats coups de coeur, place à l'objet utile. Hier, à la 19e édition de la grande brocante-antiquités de Rauzan, il y avait foule entre les différentes allées. Quelque 8 000 personnes sont venus chiner depuis l'ouverture, vendredi, de cette grande brocante départementale. Des profils d'acheteurs très différents, du simple promeneur au collectionneur capable d'acheter un très beau meuble pour son seul plaisir. Dans les deux cas, la crise économique se ressent, à des échelles différentes.

« Les connaisseurs sont toujours prêts à acheter une jolie pièce. Mais ils discutent davantage le prix » explique Pierre Brivady, l'un des 140 exposants de Rauzan. « Les gens qui ont les moyens continuent à investir dans le bel objet » confirme Jean-Michel Gaudis, organisateur de la brocante de Rauzan. Et de donner l'exemple d'une grande armoire acajou et noyer datant de 1821 partie samedi pour la modique somme de... 6 500 euros ! Les chineurs amateurs font, eux, davantage attention à leur portefeuille. A l'image de Patricia, vétérinaire et mère de trois enfants : « Les années précédentes, je prévoyais 1 000 euros maximum de budget, ce qui me permettait de faire un gros achat, généralement un beau meuble ancien. Cette année, il n'y aura pas de meubles de valeur à la maison car je n'en ai pas les moyens. » Patricia repartira finalement avec une étagère, une huche à pain, une vieille valise et un carré Hermès, acheté moitié prix, soit 150 euros, qu'elle offrira à sa fille pour Noël.

Virginie, la quarantaine, viticultrice, tique sur les prix. Elle se laissera quand même tenter par une bonbonne en verre à 10 euros mais trouve que « dans l'ensemble, c'est un peu cher ». Simple impression ou réalité ? Difficile à dire. Du côté des vendeurs, en tout cas, on se défend d'avoir augmenté les prix. L'achat coup de coeur, lui, se fait de plus en plus rare, selon plusieurs exposants. « Les gens s'arrêtent, observent, regardent les prix et disent souvent : "On verra plus tard" », souligne une brocanteuse.