Bordeaux : L’hypothèse d’un métro rallie un nouveau supporter de poids

TRANSPORTS Christophe Duprat, vice-président LR de la métropole en charge des transports, a estimé que l’on arrivait « à un terme » au niveau du tramway à Bordeaux, et qu’il fallait envisager un métro d’ici à 2030

Mickaël Bosredon
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Le métro de Lyon.
Le métro de Lyon. — Elisa Riberry / 20 Minutes
  • Une étude sur un métro à Bordeaux a été remise il y a quelques jours à la métropole.
  • Le vice-président en charge des transports a reconnu ce mercredi que le réseau de tramway atteignait ses limites.
  • Pour la première fois, il a clairement envisagé qu'un métro puisse se faire sur l'agglomération.

Il n’a peut-être jamais été envisagé aussi clairement qu'un métro puisse se faire un jour à Bordeaux. Ce mercredi, le vice-président de la métropole en charge des Transports, Christophe Duprat (LR), a décidé de prendre la parole pour défendre, assez ardemment, l'idée d'un métro à Bordeaux.

A l’issue de la conférence de presse de rentrée du réseau de transports TBM, il s’est en effet saisi du micro pour déclarer que Bordeaux Métropole devait « préparer l’avenir » pour « ne pas se laisser dépasser. » Reconnaissant que « plusieurs sections du tramway sont saturées », que « les infrastructures atteignent leurs limites », il a estimé qu’on arrivait « à un terme de ce qu’on peut faire avec le tramway. »

« Le pire serait de ne pas faire ce débat sur le métro »

S'il a rappelé que plusieurs solutions sont en train de se mettre en place, comme le RER métropolitain et le réseau de cars express, Christophe Duprat pense toutefois que ces solutions ne permettront pas de faire face à la situation d’ici à 2030. « Et en 2030 on sera face à un mur. Si on a rien fait auparavant, on sera dans les difficultés qu’on a connues en 1995 : un réseau à bout de souffle car on n’aura pas prévu les arrivées de population. Il y a un débat qui est ouvert, le pire serait de ne pas faire ce débat sur le métro. Il faut étudier, voir ce qui est possible techniquement, financièrement. Et à ceux qui sont contre, je demande : "on fait quoi à la place ?". »

L’élu a expliqué qu’il a longuement regardé l’étude commandée par le président de la métropole Patrick Bobet, et finalisée il y a quelques jours. « Il n’y a pas que des bêtises dedans. » Les élus débattront de cette étude en bureau, puis en conseil de Bordeaux Métropole en novembre. « Ce qui primera dans la décision, insiste Christophe Duprat, c’est de desservir correctement l’agglomération, et notamment les tronçons saturés, comme entre Stalingrad et Pellegrin, ou au niveau de la Porte de Bourgogne, de la gare ou du campus. On est à la limite. »

« On est au bout d’un système »

Le vice-président chargé des transports rappelle au passage que les élus ont voté une part modale consacrée aux transports de 15 % à l’horizon du plan climat. « Nous sommes à 12 % aujourd’hui. Et passer de 12 à 15 %, c’est lourd. » Et s’il reconnaît que l’investissement d’1,4 milliard d’euros préconisé pour une ligne de métro est « lourd » il rappelle aussi que « deux milliards d’euros avaient été investis pour le lancement du tramway en 1997. »

« Je pense que ne rien faire pour la partie centrale de l’agglomération serait une erreur (...) S’il y a un moment où on peut en discuter, c’est le moment des élections. » Il espère que le débat sera tranché avant les municipales de mars 2020.

Enfin, concernant le tracé, il attend des « études plus poussées ». « Moi, ce que je retiens de l’étude c’est la faisabilité technique. Le tramway, on l’a fait en trois phases. Rien ne nous empêche de faire un métro en plusieurs phases également. »