Bordeaux : Ce que l’on sait sur la réouverture de la ligne C du tram le 28 septembre

C'EST REPARTI Sauf tremblement de terre, la partie de la ligne C du tram interrompue depuis le 18 mai, rouvrira samedi 28 septembre

Mickaël Bosredon

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Tramway, place de la Bourse à Bordeaux
Tramway, place de la Bourse à Bordeaux — M.Bosredon/20Minutes
  • L’annonce a été faite ce mardi par le président de Bordeaux Métropole.
  • Cette partie de la ligne C avait dû être interrompue le 18 mai suite au gigantesque incendie du parking des Salinières.
  • Bordeaux Métropole et Keolis sont revenus sur le casse-tête que cela a été durant ces quatre mois, et sur le coût de cet incident qui se chiffrera en millions d’euros.

« Cela a été le feuilleton de l’été » reconnaît le vice-président de Bordeaux Métropole en charge des transports, Christophe Duprat. Un feuilleton qui touche à sa fin. Car sauf contre-ordre de dernière minute, la portion de la ligne C entre Quinconces et gare Saint-Jean, interrompue depuis le 18 mai dernier en raison de l'incendie du parking des Salinières, va rouvrir le samedi 28 septembre. Voici ce que l’on sait sur cet incident majeur qui a fortement perturbé les transports bordelais cette année.

Que va-t-il se passer d’ici la remise en service de la portion Quinconces-Gare Saint-Jean ?

« Nous aurons en début de semaine prochaine le fameux certificat du bureau de contrôle qui nous permettra de dire que nous pouvons y aller, et si tout se passe bien nous serons en mesure de réouvrir cette ligne samedi 28 septembre, c’est-à-dire symboliquement pour le match des Girondins contre le PSG », a annoncé ce mardi Patrick Bobet, président de Bordeaux Métropole. Des essais auront lieu le 23 septembre, pour une marche à blanc qui durera trois ou quatre jours, car l’infrastructure ferroviaire n’a pas servi depuis le mois de mai, et elle a rouillé.

Dans quel état est le parking des Salinières ?

« Nous allons terminer cette semaine tout ce qui est consolidation et étaiement du parking », explique Patrick Bobet. « L’étaiement et le butonnage – ce qui conforte les parois moulées du parking – se passent plutôt bien, même si l’évacuation des voitures n’a pas été chose aisée », indique Christophe Duprat, vice-président de Bordeaux Métropole en charge des transports. Il reste encore quelques voitures à l’intérieur, mais elles devraient être toutes dégagées d’ici à la fin de la semaine prochaine. « Après viendra le temps de la reconstruction du parking, qui a été fortement dégradé, même si les poutres ont bien tenu », relève Christophe Duprat.

Combien ont coûté l’incendie et l’interruption de trafic ?

Le coût global sera calculé à la toute fin et il faudra intégrer la perte d’exploitation. Mais à ce jour, on sait déjà que le coût hebdomadaire de l’opération est de l’ordre de 130.000 euros, soit 2,5 millions d’euros depuis le 18 mai. « Cela comprend les navettes de substitution, les chauffeurs, le gardiennage et le remisage des rames qui restent sur la partie jusqu’à Villenave d’Ornon, le découpage des rames pour les amener par camion en maintenance jusqu’au dépôt… Tout cela est lourd » déplore Christophe Duprat.

Qui va payer ?

« On a arrêté les auteurs des faits, rappelle Christophe Duprat, mais vous imaginez bien qu’ils ne sont pas solvables à la hauteur du préjudice, qui va se chiffrer en millions d’euros si l’on y ajoute les pertes d’exploitation. Ce sont donc les assurances qui vont prendre en charge, et très franchement, nous n’avions jamais imaginé pareil incident lors de la rédaction des clauses des contrats d’assurance. »

Des mesures de sécurité seront-elles prises dans les parkings ?

Ce parking Salinières, ainsi que ceux de Bourse et Jaurès, « ont été construits à une époque où l’on n’obligeait pas la présence de sprinklage (réseau de tuyaux qui arrosent automatiquement en cas d’incendie), ce qui permet de faire descendre la température, afin de l’éviter de monter à 1.000 degrés » explique Christophe Duprat. « On va faire en sorte que ce sprinklage soit désormais présent sur ces parkings. Et je souhaite voir partout dans quel état est le sprinklage dans tous les parkings souterrains. Car on est passé pas loin de la catastrophe, là. »

Comment Keolis a-t-il géré cet épisode ?

« On ne l’a pas bien vécu, répond Hervé Lefèvre, directeur général de Kéolis Bordeaux Métropole, car le service de bus de substitution a été coûteux et compliqué à mettre en place, avec un service qui s’est dégradé, même si on a mis une quinzaine de véhicules pour essayer de maintenir une fréquence à trois minutes. Mais dans les faits il fallait entre 20 et 30 minutes pour rejoindre la gare depuis les Quinconces. On a fait du mieux possible, mais c’est moins bien que quand le tram circule, c’est certain. Cela restera un gros caillou dans la chaussure pour nous cette année, car c’est un axe majeur. »

A-t-il été envisagé de ne pas rouvrir cette section de ligne ?

« Très sincèrement je l’ai craint, j’en ai cauchemardé, avoue Patrick Bobet. Je me suis dit si par malheur [le tram ne peut plus rouler à cet endroit] là ça va être très compliqué. Ce n’aurait pas été trois ou quatre mois mais deux ans pour tout reprendre. Heureusement ça n’a pas été le cas. » « Les remontées des pompiers juste après l’incendie étaient catastrophiques », rappelle pour sa part Christophe Duprat.