Bordeaux : La « rupture de loyauté » du MoDem pour les municipales bordelaises anime le Campus de la Macronie

POLITIQUE En organisant à Bordeaux son premier Campus des Territoires, La République en marche a mis un coup de projecteur sur les municipales dans la capitale girondine. Son candidat y part séparé du MoDem, son partenaire national…

Elsa Provenzano

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Le président du MoDem François Bayrou a participé à la clôture du Campus des territoires, aux côté d'Edouard Philippe, Premier ministre, et deStanislas Guérini, délégué général d'En marche.
Le président du MoDem François Bayrou a participé à la clôture du Campus des territoires, aux côté d'Edouard Philippe, Premier ministre, et deStanislas Guérini, délégué général d'En marche. — GEORGES GOBET / AFP
  • La République en marche organisait son premier Campus des Territoires ce week-end à Bordeaux, réunissant 3.500 militants, élus LREM et partenaires.
  • Si le président du MoDem a participé à l’événement, aucun accord entre son parti et la majorité présidentielle n’a pu être trouvé pour les municipales à Bordeaux.
  • Les premières passes d’armes entre les partenaires nationaux devenus adversaires locaux ont déjà eu lieu.

En attendant que les discours de clôture du Campus des territoires, sorte d’université d’été de La République en marche (LREM), ne commencent dans le grand amphithéâtre du parc des expositions de Bordeaux-Lac où la climatisation tourne à plein régime, les militants locaux échangent avec leurs homologues des autres régions. Environ 3.500 militants et élus de la majorité présidentielle ont participé au week-end ponctué d’ateliers de travail et de conférences.

Inévitablement les municipales sont mises sur le tapis et on s’inquiète de la configuration dans la capitale girondine. Il faut dire que le partenariat national entre le MoDem et LREM n’y est pas honoré : Nicolas Florian, successeur d’Alain Juppé part avec le soutien de Fabien Robert, président du MoDem Gironde et face à lui, Thomas Cazenave, délégué interministériel à la transformation publique, a été investi par LREM.

Il y a eu un peu de suspense quant à la venue de François Bayrou, président du MoDem. Mais selon Aziz Skalli, référent département LREM en Gironde il ne faut y voir aucun message : « il y a toujours dans ces rendez-vous de rentrée des mises en scène, ça fait partie un peu du folklore. François Bayrou est là, Agir et Les radicaux aussi. Il n’y a aucune difficulté avec la majorité présidentielle. »

Des relations locales tendues entre LREM et le MoDem

Pour cet ancien socialiste qui a rejoint La République en marche la responsabilité de la division vient du MoDem local : « Il soutient un candidat LR qui n’est pas dans la majorité présidentielle, il faut poser la question au MoDem du pourquoi de cette rupture de loyauté ».

Mais du côté de Nicolas Florian, le maire de Bordeaux, on fustige l’esprit de conquête de la majorité présidentielle : « je fais une différence entre l’action publique nationale, menée notamment par le Premier ministre, et le parti LREM, qui a une logique partisane et clanique », a-t-il déclaré au Journal du Dimanche.

Son premier adjoint Fabien Robert, président du MoDem Gironde, regrette aussi le positionnement local d’En Marche. « L’élection municipale n’est pas partisane, comme l’a rappelé François Bayrou et également Stanislas Guérini, délégué général LREM, note-t-il. Nicolas Florian a pris ses distances avec LR et on n’appose pas d’étiquette politique sur notre programme comme Thomas Cazenave le fait avec le logo En marche. Et moi, je ne suis pas le candidat du MoDem ». Et entre les deux camps, les pourparlers sont bel et bien terminés. « Il n’y a plus de discussions (entre LREM et la majorité municipale) maintenant c’est clair », appuie Thomas Cazenave, le candidat LREM.

Les passes d’armes ont commencé

Ce dernier bondit quand on fait remarquer les nombreux points de concordance au niveau des idées, entre LREM et le ModDem : « Alain Juppé et Nicolas Florian ce n’est pas la même chose, ils n’ont pas le même parcours ni les mêmes prises de parole. Il ne nous a par exemple pas soutenus aux Européennes. Et, on a besoin d’un renouvellement de la vie politique après Alain Juppé. »

Aziz Skalli enfonce le clou et jette même une première pique « on a un vrai projet sur la transition écologique et la revitalisation de Bordeaux, nous ce n’est pas mettre trois pots de fleurs et des ombrières ! » Une allusion à l’installation réalisée cet été sur la place Pey-Berland à l’initiative de Nicolas Florian pour créer un îlot de fraîcheur.

« Je pense qu’aux municipales, les électeurs s’intéressent aux personnes, aux bilans et aux projets, estime sagement Fabien Robert. Et de notre côté, on arrivera à rassembler les bonnes personnes et à rester ouverts. »

Si le statut de successeur de Juppé donne un avantage certain à Nicolas Florian, Bordeaux est devenue depuis 2017 une place forte de la Macronie, apportant son soutien à la majorité présidentielle à chaque échéance électorale. Vincent Feltesse, ex-socialiste, s’est aussi déclaré récemment candidat à la mairie de Bordeaux. La campagne des municipales est en tout cas bien lancée et les passes d’armes ne font que commencer.