Municipales 2020 à Bordeaux : Péage sur la rocade, moratoire sur les constructions… Vincent Feltesse lance sa campagne tambour battant

IL Y VA Candidat malheureux en 2014 face à Alain Juppé, Vincent Feltesse signe son grand retour sur le devant de la scène politique bordelaise, en annonçant sa candidature aux municipales

Mickaël Bosredon

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Vincent Feltesse, le 4 septembre 2019, lors de l'annonce de sa candidature aux municipales de 2020 à Bordeaux.
Vincent Feltesse, le 4 septembre 2019, lors de l'annonce de sa candidature aux municipales de 2020 à Bordeaux. — M.Bosredon/20Minutes
  • L’ancien conseiller de François Hollande, sera à nouveau candidat à Bordeaux, pour les élections de 2020.
  • Il a lancé plusieurs idées ce mercredi, comme un moratoire sur les grands projets urbains, la suppression du stationnement de surface pour les voitures individuelles, ou encore un péage sur la rocade.
  • Le candidat veut aussi être très présent sur les questions environnementales, et souhaite un grand emprunt d’un milliard d’euros pour faire face aux enjeux qui attendent les Bordelais.

Cinq ans après son cuisant revers face à Alain Juppé, Vincent Feltesse va donc repartir en campagne à Bordeaux. Ce mercredi, l'ex-conseiller de François Hollande a annoncé sa candidature aux municipales de 2020.

« En 2014, il fallait que j’y aille, dit-il aujourd’hui, même si je savais que ça allait faire mal face à Alain Juppé. Bon, je ne pensais pas que cela ferait aussi mal, mais c’était nécessaire, pour apprendre, pour comprendre. » Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts : Vincent Feltesse a été conseiller de l’ex-Président de la République François Hollande, puis il a quitté le parti socialiste, et Alain Juppé a quitté la mairie de Bordeaux. Le « contexte est différent » et Vincent Feltesse assure que, depuis, il a « mûri. » « Les partis, cela ne veut plus dire grand-chose », souligne celui qui se lancera donc avec en soutien une association lancée il y a quatre ans déjà, Bordeaux Métropole des quartiers, et qui fédère environ 300 personnes.

« Sur le logement, la politique de l’offre ne fonctionne pas »

L’ancien président de la communauté urbaine de Bordeaux a dessiné les axes de son programme. « Il faut résoudre trois problèmes du quotidien qui nous pètent à la gueule en permanence, dit-il : le logement, les déplacements et l’environnement. »

Sur le logement, « il faut acter que la politique de l’offre ne fonctionne pas », martèle-t-il. « On n’a jamais autant produit à Bordeaux, et il n’y a jamais eu une telle flambée des prix. Nous, on propose un moratoire sur toutes les grandes opérations urbanistiques d’autant plus quand il n’y a pas d’équipement ni d’infrastructure. Des opérations comme Brazza, s’il n’y a pas d’équipement ou de transport collectif, il sera urgent de les arrêter. C’est une folie de continuer à mettre sur le marché des milliers de logements, des dizaines de milliers de personnes, sans les équipements à côté, et avec cette bonne vieille tentation bordelaise qui est de mettre les logements sociaux en périphérie. »

Sur la mobilité, « les Bordelaises et les Bordelais vont finir par s’énerver réellement »

Vincent Feltesse entend aussi « aller beaucoup plus loin sur la question de la régulation » comme l’encadrement des loyers, l’utilisation « de la puissance » de l’établissement public foncier et l’encadrement d’Airbnb, sur lequel il faut être « beaucoup plus dur. »

Sur la mobilité, « honnêtement, je ne sais pas quand ça va arriver, mais les Bordelaises et les Bordelais vont finir par s’énerver réellement. On nous parle de téléphérique, de tramway, de tram-train jusqu’à Lacanau, pourquoi pas de sous-marin… On est dans une espèce de surenchère permanente, mais la réalité c’est qu’il n’y a pas de vision sur la problématique de la mobilité. »

Vincent Feltesse, lui, projette d’aménager les boulevards, de lancer un transport collectif en site propre sur la voie ferrée de ceinture, et veut s’attaquer à la question de la rocade.

« On va continuer à nous balader pendant un demi-siècle sur ce projet de grand contournement ? »

« Sur la rocade, explique-t-il, il ne faut pas s’interdire de réfléchir, c’est pour cela que, et même si ce n’est pas populaire, je ne vois pas comment on ne peut pas mener une étude sur un péage urbain redistributif. On va continuer à nous balader pendant un demi-siècle sur ce projet de grand contournement qui probablement ne se fera jamais ? Les gens vont continuer à être bloqués en permanence, alors que potentiellement il y a des solutions ? »

Dans Bordeaux, il souhaite aussi un changement radical sur la politique du stationnement. « Sur une période transitoire de 5 à 10 ans, on veut supprimer le stationnement de surface à l’intérieur des boulevards pour les voitures individuelles, sauf pour l’autopartage et les personnes qui ont des problèmes de santé. Cela dégagera en plus de l’espace pour le vélo, parce qu’à un moment la cohabitation ne sera plus possible. »

« Tout l’enjeu, c’est d’aller très vite »

Reste la question de l’environnement, qui sera centrale durant la campagne. « Je veux aller au-delà de la problématique de la végétalisation qui occupe aujourd’hui les esprits des uns et des autres, lance le candidat. La question environnementale elle est plus poussée que ça : c’est la santé, les pesticides, l’eau, la nourriture… Et on sait que les problèmes sont devant nous. »

Vincent Feltesse envisage ainsi de « lancer un grand emprunt d’un milliard d’euros sur ces questions environnementales. » « La santé financière de la métropole n’est pas mauvaise, les taux d’intérêt sont extrêmement bas, souligne-t-il. L’urgence, elle est là, et avec ça on aura un effet de levier fondamental. Tout l’enjeu, c’est d’aller très vite. »

A l’image de cette campagne électorale, qui démarre tambour battant pour le nouveau candidat.