« Rambo », un SDF aux assises

Fabienne Cosnay - ©2008 20 minutes

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Comment juger un individu atteint de troubles psychiatriques ? Epineuse question, au centre des débats, hier, à la cour d'assises de la Gironde, lors du premier jour du procès « Rambo ». L'accusé, Patrick Koffolt, 42 ans, est poursuivi pour « violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Ce SDF est accusé d'avoir porté des coups mortels à un autre marginal, Mimoun Dahmish, dont le corps sans vie a été retrouvé le 7 juin 2006. Jugé en état de récidive, « Rambo » risque trente ans de réclusion criminelle. En 1995, il avait déjà été condamné à douze ans de prison pour avoir poignardé un SDF à la gare Saint-Jean. Hier, la cour s'est penchée sur la personnalité de Patrick Koffolt. « Il relève des personnalités psychopathes, a expliqué le Dr Bertrand, expert auprès des tribunaux. Il n'a jamais réussi à s'insérer dans la société et n'a pas d'affect ». Et de pointer « le risque de récidive » de « Rambo ». Depuis des années, Patrick Koffolt fait des séjours en hôpitaux psychiatriques, qui se sont toujours terminés par une sortie contre avis médical. « Vous avez découragé toutes les institutions. Vous refusez une aide à long terme », lui a reproché le président de la cour. Visage impassible de l'accusé. Appelé à la barre, un deuxième expert a évoqué « une altération partielle du discernement ». En clair, une incapacité à se contrôler lors du passage à l'acte.

Hier, Patrick Koffolt a une nouvelle fois expliqué aux jurés qu'il n'avait pas porté de coups à la victime, Mimoun Dahmish. Les deux hommes se seraient seulement disputés à propos d'argent. Verdict aujourd'hui.