Pour les salariés de Sanofi, ça suffit

Marion Guillot - ©2008 20 minutes

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« On était dans une prison dorée avec un super-salaire, voiture de fonction et des horaires calés sur ceux de nos enfants. Ce n'était pas la vraie vie », lâche Corinne, 42 ans, visiteuse médicale à La Rochelle. Pour défendre son emploi, elle manifestait hier midi devant l'usine d'Ambarès, avec 140 collègues venus du grand Sud-Ouest. Une mobilisation suivie par 90 % des effectifs, selon les syndicats. La direction de la filiale commerciale du groupe a en effet annoncé hier, lors d'un comité d'entreprise extraordinaire, la suppression de 817 postes itinérants sur 2 500 dans toute la France, et 110 autres emplois au sein de son siège parisien.

Des rassemblements étaient organisés sur sept autres sites du géant français de l'industrie pharmaceutique. « Le groupe dégage plus de sept milliards d'euros de bénéfices. Ce plan vise à augmenter ses marges et les dividendes des actionnaires », dénonce Philippe Alliot, délégué régional CFDT. Toute la chaîne de production serait menacée selon lui : « Nous sommes chargés de présenter les molécules aux médecins. Si nos effectifs diminuent, le catalogue de médicaments risque de fondre lui aussi, aux dépens de la production et de la recherche », explique la CFDT. Une stratégie de repli qui s'expliquerait par la politique actuelle de recours aux génériques, qui réduit les débouchés pour les produits des labos pharmaceutiques. Ce Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) devrait inclure « des départs en retraite anticipés et entre 300 et 400 licenciements secs », selon les syndicats. Joint hier, le groupe Sanofi n'a pas souhaité communiquer.