Les techniciens vérifient que tout se passe bien au passage du tram rue Fondaudège à Bordeaux.
Les techniciens vérifient que tout se passe bien au passage du tram rue Fondaudège à Bordeaux. — M.Bosredon/20Minutes

TRANSPORTS

Bordeaux: On a suivi les premiers essais du tramway sur la future ligne D du réseau

Pour la première fois, des tramways ont roulé sur le tracé de la future ligne D, traversant la place Tourny et empruntant la rue Fondaudège

  • La ligne D sera la quatrième ligne de tram du réseau bordelais.
  • Elle sera inaugurée en deux temps : d’abord à la mi-décembre entre Bordeaux et Le Bouscat, puis en février 2020 jusqu’à son terminus à Eysines.
  • Toute une série de vérifications ont été réalisées ce lundi au passage des deux rames de tram qui ont évolué côte à côte.

« On l’a attendu trois ans ce tram, on peut bien patienter trois heures… » Plusieurs riverains venus assister ce lundi aux tout premiers essais du tramway de la future ligne D du réseau bordelais, se montraient philosophes, alors que les deux premières rames d’essai ont pointé leur nez place des Quinconces à 17h, au lieu de 14h…

L’attente valait le coup. Ne serait-ce que pour voir des rames traverser la place Tourny, ou emprunter la rue Fondaudège, là où le chantier s'est avéré parfois difficile à vivre, pour les riverains comme pour les commerçants.

Essai du tramway sur la future ligne D de Bordeaux, ici au niveau de la place Tourny
Essai du tramway sur la future ligne D de Bordeaux, ici au niveau de la place Tourny - M.Bosredon/20Minutes

Cette ligne partira des Quinconces pour aller jusqu’à Eysines-Cantinolle, en passant par la rue Fondaudège, la barrière du Médoc, Le Bouscat et Bruges. Un tracé de 9,8 km qui sera mis en ligne jusqu’à la mairie du Bouscat à la mi-décembre si tout va bien, et jusqu’au terminus de Cantinolle en février 2020.

Libérer le chantier des matériaux à cause des « gilets jaunes »

« Il y a eu du retard, reconnaît le président de la métropole et maire du Bouscat Patrick Bobet, notamment sur ma commune à cause des acquisitions foncières. Il y avait beaucoup d’entreprises le long du tracé. Mais on aura fait cette ligne en moins de trois ans, dont deux seulement pour les travaux, ce n’est pas si mal que cela. »

« Nous avons connu une difficulté particulière sur ce chantier, souligne pour sa part Anne-Marie Cazalet, maire-adjointe du quartier Chartrons-Grand Parc, c’est que durant la période des « gilets jaunes » il fallait que le chantier soit libéré, tous les vendredis soir, de tous matériaux. Cela n’a pas simplifié la vie des entreprises. Cela n’a été facile ni pour les riverains, ni pour les commerçants, mais pas plus pour la métropole. Mais nous n’avions pas le choix. »

Pour la première fois, les riverains ont pu voir passer deux tramways rue Fondaudège à Bordeaux
Pour la première fois, les riverains ont pu voir passer deux tramways rue Fondaudège à Bordeaux - M.Bosredon/20Minutes

Des essais pour vérifier l’alimentation, le gabarit ou la hauteur des quais

L’objectif de ces premiers essais dits « dynamiques » réalisés ce lundi, était de contrôler l’ensemble des travaux exécutés depuis deux ans. « On vérifie quatre points précis, explique Benoit Séchet, directeur des travaux au sein de la maîtrise d’œuvre Tisia, le groupement d’entreprises qui a piloté le chantier. D’abord, l’alimentation du tramway, dans la partie alimentation par le sol (APS), entre Quinconces et la station Courbet, et dans la partie alimentée par la LAC (Ligne aérienne de contact). »

« Nous vérifions aussi l’inscription du tramway sur les rails, qu’il y ait un bon contact entre la roue et le rail » poursuit le directeur travaux. Pour cela, les deux rames qui ont évolué côte à côte, ont roulé au pas, ne dépassant pas les 3 km/h. « Nous regardons également les "émergences" le long de la plateforme, c’est-à-dire qu’il n’y ait aucune rame qui frotte sur la carrosserie, c’est ce qu’on appelle le GLO (Gabarit limite d’obstacle). Et enfin, au niveau de chaque station voyageur, on vérifie la hauteur du quai pour s’assurer que chaque usager puisse monter dans la rame. »

Marches à blanc en octobre

Au préalable, des essais dits statiques avaient été réalisés, simulant la présence d’une rame. « Nous sommes donc plutôt sereins aujourd’hui » assure le technicien.

Ensuite, il y aura toute une batterie d’essais « pour vérifier les carrefours en interface avec la circulation routière » poursuit Benoit Séchet. Ils vont s’étaler jusqu’à la mi-octobre. « Après nous transférerons l’infrastructure à l’exploitant, pour qu’il réalise des marches à blanc en vue de la mise en service commerciale de la ligne. » Les marches à blanc visent essentiellement à former les conducteurs au nouveau tronçon.

« Désenclaver le quadrant nord-ouest de l’agglomération »

« L’objectif de cette quatrième ligne de tram, insiste Christophe Duprat, le vice-président de la métropole en charge des transports, est de désenclaver tout le quadrant nord-ouest de l’agglomération. Il y aura plein de rabattements de bus sur toutes les communes du Nord-Ouest, dès que le tramway sera arrivé à Cantinolle, le terminus. » Deux parcs-relais seront également créés pour garer sa voiture près de la nouvelle ligne : au terminus Cantinolle (600 places), et à l’hippodrome du Bouscat (275 places).​

La fréquence de passage des rames sera de 7’30 pour la première partie du tracé, et de 15' pour la seconde. « Une fréquence que l’on pourra faire descendre à 6' et 12' » précise Christophe Duprat. Il indique également que cette nouvelle ligne va permettre de rajouter des rames sur le tronçon central de l’actuelle ligne C, sur lequel la ligne D viendra s’insérer, jusqu’à Carle-Vernet. « Cela nous permettra d’avoir des trams toutes les trois minutes entre Quinconces et Carle-Vernet, contre 3’40 actuellement. »

Une ligne à 250 millions d’euros

Le coût global de cette nouvelle ligne est de 250 millions d’euros, « soit à peu près 25 millions d’euros du kilomètre, calcule Patrick Bobet, c’est mieux que les premières lignes de Bordeaux où nous étions allègrement au-dessus de 30 millions. »

La fréquentation attendue est de 40.000 voyageurs/jour, qui montera à 62.000 sur tout l’axe jusqu’à Carle-Vernet.