Bordeaux: Ombrière, plantations... le plan fraîcheur de la mairie pour affronter les épisodes de canicule

CHALEUR Le maire de Bordeaux a annoncé ce mercredi l’installation dans les prochains jours d’une ombrière sur la place Pey-Berland. Un plan pour aménager des îlots de fraîcheur à moyen terme a aussi été présenté

Elsa Provenzano

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Une cinquantaine d'arbres en pot venant de pépinières va être installée sur la place Pey-Berland.
Une cinquantaine d'arbres en pot venant de pépinières va être installée sur la place Pey-Berland. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • La mairie de Bordeaux a présenté ce mercredi un plan fraîcheur pour une ville minérale peu préparée aux épisodes de canicule.
  • Une ombrière, composé d’arbres en pot et de toiles, va être installée dans les prochains jours sur la place Pey-Berland.
  • Il s’agit aussi de réflèchir à comment végétaliser certaines places et d’accélerer le rythme de plantations sur la ville.

D’ici quelques années, Bordeaux devrait connaître des températures proches de celles de l’Andalousie à cause du réchauffement climatique. Or, les derniers épisodes de canicule ont montré que la ville, très minérale, offre peu d’espaces d’ombre, et certaines de ses places sont de vraies fournaises, désertées quand le thermomètre grimpe un peu trop.

Le maire de Bordeaux, entourée de deux adjointes Magali Fronzes (à gauche) et Anne Walryck.
Le maire de Bordeaux, entourée de deux adjointes Magali Fronzes (à gauche) et Anne Walryck. - E.Provenzano / 20 Minutes

Pour s’y préparer, le maire de Bordeaux Nicolas Florian (LR) a présenté ce mercredi un plan fraîcheur dont une première partie sera mise en œuvre dès les prochains jours.

Une ombrière sur la place Pey-Berland

Planter des arbres et repenser l’urbanisation, cela prend du temps. Pour agir dès maintenant et montrer aux Bordelais qu’il prend le problème à bras-le-corps, à moins de neuf mois des municipales, le maire annonce l’installation prochaine d' une ombrière sur la place de l’hôtel de ville.

« Les services ont proposé une cinquantaine d’arbres (érables, gros agrumes, oliviers, hibiscus etc.) pris en pépinières, détaille Magali Fronzes, adjointe au maire chargée de la nature en ville et des espaces verts. Ils sont en pots, disposés le long de la cathédrale et seront accompagnés de dix toiles en triangle (800m2 au total) et de blocs granit qui serviront d’assises. » Le coût total de l’opération est d’un peu moins de 90.000 euros.

L’idée est de voir comment les habitants s’approprient la place ainsi configurée. Parallèlement, la Ville a demandé à l'agence King Kong, qui a réalisé la place Pey-Berland en 2004, de faire des propositions dans les prochains mois pour planter durablement sur cette place emblématique.

Afin d’aller plus loin, la Ville a aussi lancé une étude pour envisager cet hiver une augmentation des plantations sur les places Saint-Projet et Ravezies et, une réflexion sera aussi lancée concernant l’Allée Serr.

Tripler le rythme de plantation

Depuis 2001, la Ville plante en moyenne 1.000 arbres par an et propose de tripler ce chiffre. Cela représente 20.000 arbres supplémentaires d’ici 2025. Il s’agit aussi de diversifier le patrimoine arboré pour mieux résister aux températures à la hausse. « Celui dont on a hérité qui date des années 50 à 60 est constitué principalement de cinq essences d’arbres (érables, marronniers, tilleuls, frênes et platanes) et dont certains résistent mal au changement climatique », précise l’adjointe.

Depuis plus un an, la Ville expérimente ce qu’elle appelle « un barème de sanction » c’est-à-dire que des préconisations sont délivrées aux aménageurs quand les travaux peuvent avoir des conséquences sur des espaces publics arborés. En cas de non-respect, il faut replanter ailleurs ou s’acquitter d’une sanction financière. Une proposition de généralisation de ce dispositif à l’échelle de la ville sera prochainement soumise du conseil municipal.

Pour le maire, ses positionnements récents sur l' îlot de la faïencerie, qui va rester « un espace de respiration » et le gel du projet de la Jallère​, dans l’attente de la concertation, démontrent qu’il impulse une nouvelle façon d’envisager la densification sur Bordeaux.