Bordeaux: Le ministre de l'Education accueilli aux cris de «Blanquer démission !»

POLITIQUE De nombreux enseignants ont manifesté ce lundi leur opposition à la réforme du lycée devant le complexe Brassens Camus à Lormont près de Bordeaux

Elsa Provenzano

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De nombreux enseignants ont hué le ministre.
De nombreux enseignants ont hué le ministre. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer a rencontré des élus locaux de Gironde dans le cadre d’une permanence ministérielle, nouveau rendez-vous issu du grand débat national.
  • Il a été accueilli par une manifestation d'enseignants grévistes opposés à la réforme du lycée.
  • Il estime que le mouvement d’opposition à sa réforme est minoritaire et assure que les examens oraux se poursuivront normalement jusqu’à mercredi.

Si la température était estivale, l’accueil n’a lui pas été chaleureux. « Blanquer démission ! » c’était le principal message scandé ce lundi par des enseignants opposés à la réforme du lycée, à l’arrivée du ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer à Lormont, près de Bordeaux.

Venu répondre aux questions des maires locaux sur la politique éducative du gouvernement dans le cadre d’une permanence ministérielle, (un nouvel outil né du grand débat national), le ministre de l’Education n’a pas souhaité rencontrer les manifestants mais il leur a répondu de façon indirecte.

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer
Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer - E.Provenzano / 20 Minutes

« L’école de la confiance, certains sont venus me rappeler qu’elle n’est pas encore tout à fait réalisée, a-t-il déclaré devant les élus. Certains préfèrent crier que s’exprimer ». Il a souligné qu’une logique de discussion permanente avait animé toutes les étapes de cette réforme : « Je rencontre des syndicats dans le cadre de discussions bilatérales dans les prochains jours. Ma porte n’a jamais été fermée, c’est pourquoi ce mouvement de grève manquait de sens, c’est pour me faire ouvrir une porte qui était déjà ouverte ».

Jurys et oraux se tiennent normalement

Il s’est voulu rassurant sur la tenue des épreuves orales du baccalauréat qui se poursuivent jusqu’à mercredi. « Nous pourrons faire un point complet mardi matin lorsque l’ensemble de la journée sera passé. Cela dit, la journée s’est passée conformément à ce que nous avons souhaité dans des circonstances qui sont un peu exceptionnelles », a-t-il estimé.

De nombreux professeurs opposés à la réforme avaient choisi de corriger les copies de bac sans remonter les notes, en signe de protestation. Une note provisoire basée sur le contrôle continu de l’élève a été attribuée aux candidats, suscitant de vives critiques. « Ce que je peux vous dire à cette heure c’est que de très nombreuses copies sont finalement revenues, a-t-il précisé. On ne parle plus en milliers mais en centaines de copies non relues. » Il a assuré que jurys et oraux continueraient à se tenir normalement jusqu’à mercredi.

Il a pointé l’action d’une « minorité »

Le ministre de l’Education a relativisé l’effet du mouvement de protestation contre sa réforme sur les épreuves du baccalauréat. « L’objectif c’est l’intérêt de l’élève, que les choses se passent le plus normalement possible, a-t-il expliqué, malgré l’action de quelques-uns, qui représentent une toute petite minorité par rapport aux 175.000 professeurs qui se sont engagés dans les corrections, et les dizaines de milliers de personnels de l’éducation nationale dont je salue le professionnalisme ».

Jean-Michel Blanquer décrit cette « minorité » opposée à sa réforme comme fauteuse de trouble et animée par des colères et des frustrations « qu’elle a le droit d’avoir mais qui ne doivent pas empiéter sur le bon fonctionnement du service public ». Selon son analyse, les grévistes sont responsables de la situation compliquée des candidats au baccalauréat cette année. « Certains créent du désordre et après crient au désordre, estime-t-il. Moi ce que je fais, c’est remettre de l’ordre ».

Interrogé sur le terme de « prise d'otages »​ utilisé par le président de la République pour qualifier les grévistes, il a répondu qu’il pensait qu’il avait utilisé « les mots justes », estimant qu' « une petite minorité a essayé d’imposer sa loi à la majorité. »